SLA : quel pronostic pour les patients admis en réanimation pour insuffisance respiratoire aiguë ?

  • Mayaux J & al.
  • J Crit Care
  • 12 nov. 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Selon une étude monocentrique française, ayant rassemblé 90 patients accueillis en réanimation pour une insuffisance respiratoire aiguë (IRA) liée à une sclérose latérale amyotrophique (SLA), la mortalité dans le service serait de 20% et la mortalité hospitalière de 33%. Si le pronostic semble sévère, le taux de survie à 3 mois et à 1 an est de 48% et de 29%, soit des chiffres supérieurs à celui rapporté pour des IRA associées à d’autres pathologies en réanimation.

  • Ces considérations, associées aux données de morbidité recueillies durant l’admission, font dire aux auteurs que les réticences à accueillir des patients IRA-SLA en réanimation pour ‘inutilité’ ne seraient pas particulièrement fondées. Et si ces données issues d’un centre hyperspécialisé peuvent comporter un biais positif en termes de survie, elles pourraient constituer, selon leurs auteurs, un rationnel intéressant pour mener de nouvelles études, multicentriques et prospectives. Elles pourraient notamment permettre de comparer ce pronostic à celui de patients IRA-SLA non admis en réanimation.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

L’IRA est une complication fréquente de la SLA, grevée d’un pronostic sombre. L’accueil de ces patients en réanimation est souvent source de réticences, voire de refus, du fait d’une ‘inutilité’ perçue quant à l’intérêt de cette admission pour le pronostic du patient. Pourtant, les études dédiées à cette question spécifique manquent, d’où l’intérêt de ce travail.

Méthodologie

Une étude observationnelle rétrospective de cohorte a été conduite au sein du groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière (Paris). Elle a inclus tous les patients ayant un diagnostic de SLA défini ou probable, associée à une insuffisance respiratoire et admis pour la première fois en réanimation sur une période de 10 ans.

Principaux résultats

  • Les 90 patients avaient un âge médian de 67 ans, un diagnostic établi depuis 26,5 mois [14–53], un score d’incapacité médian de 19 sur l’échelle ALSFRS-R et des signes d’atteinte bulbaire pour 73% d’entre eux.

  • Au total, 33 avaient déjà une assistance ventilatoire à domicile, dont 26 étaient sous ventilation non invasive (VNI) et 7 étaient trachéotomisés.

  • À l’arrivée en réanimation, 18 patients étaient intubés, dont 12 ont été extubés au cours du séjour.

  • Par ailleurs, 12 patients ont subi une trachéotomie durant le séjour en réanimation, aucune n’ayant été réalisée en urgence (toutes étant préalablement planifiées avec le patient).

  • La durée médiane de séjour en réanimation était de 4 jours et était associée à une mortalité de 20%. Ces chiffres étaient respectivement de 10 jours et de 33% concernant le séjour hospitalier. Aucun facteur de risque associé à la mortalité hospitalière n’a été identifié dans l’étude multivariée qui a été menée.

  • La mortalité à 3 mois et celle à un an était de 46% et 71%. Selon l’analyse univariée, la présence d’une acidose respiratoire plus sévère ou d’une PaCO2 plus élevée à l’admission était associée à un risque supérieur de décès à 3 mois (p=0,004 et 0,01). Par ailleurs, la trachéotomie était associée à un bénéfice en survie par rapport à l’absence de trachéotomie (p=0,02).

Principales limitations

  • L’étude était monocentrique et issue d’un centre hyperspécialisé, ce qui limite la généralisation de ces résultats.

  • Cette étude n’apporte pas de comparaison entre le pronostic des patients IRA-SLA selon qu’ils ont ou non été admis en réanimation.