Situations spécifiques favorisant le risque cardiovasculaire chez la femme

  • Cho L & al.
  • J Am Coll Cardiol
  • 26 mai 2020

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Une actualisation des recommandations américaines de 2011 concernant la prévention des maladies cardiovasculaires de la femmes vient d’être publiée dans le Journal of the American College of Cardiology. Ces recommandations abordent notamment les facteurs de risque non traditionnel sur lesquels nous faisons le focus.

Quelle est l’ampleur du problème ?

Globalement, une femme sur trois décède de maladie cardiovasculaire. Si l’hypertension, les dyslipidémies, le diabète font partis des facteurs de risque bien identifiés, d’autres sont moins considérés, alors qu’ils le mériteraient.

Évènements délétères durant la grossesse

Certains troubles survenant durant la grossesse augmentent les risques ultérieurs d’atteintes cardiovasculaires. C’est le cas notamment des troubles hypertensifs qui sont associés à une augmentation du risque d’hypertension chronique dès la première année post-accouchement, au doublement du risque d’hospitalisation pour maladie cardiovasculaire dans les trois ans et au développement d’autres facteurs de risque cardiovasculaire comme le diabète et les dyslipidémies. 

Les situations cliniques qui augmentent le risque cardiovasculaire post-grossesse

L’hypertension artérielle gravidique est l’une des situations qui favorise le risque de maladie cardiovasculaire post-grossesse. De fait, l’American College of Obstetrics and Gynecologyrecommande, en prévention des pré-éclampsies,  l’administration de faibles doses d’aspirine chez les femmes ayant au moins un facteur de risque important (antécédent de pré-éclampsie, grossesses multiples, hypertension chronique, diabète de type 1 ou 2), maladie rénale chronique ou maladie auto-immune ou au moins deux facteurs de risque modérés (nulliparité, obésité, antécédents familiaux de pré-éclampsie, facteurs socio-économiques, âge>35 ans ou facteurs liés à des antécédents personnels). D’autres situations comme le diabète gestationnel augmente fortement le risque de diabète de type 2 post-grossesse, mais également celui de maladie cardiovasculaire, d’hypertension, d’AVC et de maladie cardiaque ischémique. L’accouchement avant terme et les fausses-couches sont également des situations qui augmentent le risque de maladie coronarienne. Le retard de croissance intra-utérin peut être en lien avec une hypertension ou un diabète. Les femmes ayant connu une situation de ce type durant leur grossesse peuvent être à risque de dyslipidémie et de résistance à l’insuline. L’aspirine à faible dose peut diminuer dans certains cas ce risque. L’impact de ces situations à risque cardiovasculaire durant la grossesse est moins prégnant avec l’âge. Ainsi, la prise en compte de ces antécédents est plus particulièrement intéressant chez les femmes jeunes, avant le développement de facteurs de risque cardiovasculaires plus conventionnels.

Et la ménopause ?

La ménopause prématurée (

Le cas spécifique du syndrome des ovaires polykystique (SOPK)

Le SOPK est un trouble endocrinien fréquent qui concerne surtout des femmes jeunes et qui se manifeste par un trouble de l’ovulation avec oligoménorrhée ou aménorrhée, un hyperandrogénisme, une stérilité et une résistance à l’insuline. Le SOPK est associé à une augmentation du risque de syndrome métabolique, de diabète, de dyslipidémie et d’hypertension, qui favorisent le dysfonctionnement endothélial et les maladies cardiovasculaires. Les recommandations internationales préconisent que les femmes souffrant de SOPK fassent l’objet d’un dépistage du risque de maladie cardiovasculaire avec suivi du poids tous les 6 à 12 mois, et d’une évaluationa minimaune fois par an de la pression artérielle, des taux de lipides, de la glycémie, du tabagisme et de l’activité physique.

Maladie autoimmune

Les femmes sont plus susceptible d’avoir une maladie auto-immune ou inflammatoire qui elle-même constitue un facteur de risque de maladie cardiovasculaire.

Voici toutes les situations spécifiques pour lesquelles les experts américains préconisent une attention renforcée.