SFR : Spondylarthrite axiale : un bon coup de froid !

  • Dr Dominique-Jean Bouilliez

  • JIM Actualités des congrès
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Quelques essais ouverts ayant évalué l'efficacité de la cryothérapie corps entier dans la spondylarthropathie axiale ont suggéré un effet bénéfique sur la fonction. Ceci pourrait s'expliquer par un effet analgésique du froid qui passerait par une vasoconstriction locale (et donc une réduction du métabolisme tissulaire et de l'inflammation) mais aussi une diminution d'activité des nocicepteurs et de la vitesse de conduction nerveuse et par une diminution du stress oxydatif. C'est dans ce cadre qu'une équipe marseillaise supervisée par Thao Pham (Sainte-Marguerite) a tenté d'évaluer la variation du BASDAI et du BASFI après exposition à deux schémas différents de cryothérapie corps entier chez des patients avec axSpA active.

Cet essai contrôlé randomisé en double insu et preuve de concept a enrôlé 2 groupes de 17 patients avec SpA axiale répondant aux critères ASAS, avec sacroiliite radiographique ou IRM, active (BASDAI > 4/10), malgré un traitement stable depuis ≥ 3 mois pour recevoir soit 20 séances biquotidiennes de cryothérapie corps entier de 3 min à -110 °C, soit 20 séances de 1 min à -60 °C (la littérature suggérant que cette dernière méthode ne modifie pas de façon significative la température corporelle).

Sur les 34 patients inclus, 28 ont reçu ≥ 16 séances de cryothérapie corps entier. Les résultats montrent que la variation moyenne du BASFI entre l'inclusion et J15 était estimée à 0,44 (p = 0,3744) et 1,23 (p = 0,0340) dans le groupe -60° et -100°, respectivement. La différence de variation entre les 2 groupes (12 % d'amélioration du BASFI chez les patients exposés à -110 °C) n'est pas statistiquement significative (p = 0,18).

Par ailleurs, le pourcentage de variation du BASFI était corrélé à celle du BASDAI (r = 0,698 ; p
Parallèlement, les auteurs avaient pour objectif d'évaluer l'effet de la cryothérapie corps entier sur l'activité de la maladie chez des patients présentant une axSpA active.
A J15, le pourcentage de répondeurs BASDAI 50 était de 25 % et 42 % dans le groupe -60° et -110°, respectivement (p = 0,43). La variation moyenne de température cutanée (dT°) après les séances était -5,64° ± 2,24 dans le groupe -60° et -13,52° ± 2,22 dans le groupe -110°, avec une variation moyenne de température observée chez les répondeurs BASDAI 50 de -11,5° ± 4,74 vs -7,6°± 3,88 chez les non-répondeurs (p = 0,028).

Si on classe les patients selon le quartile de dT°, le taux de répondeurs BASDAI 50 était de 85,7 % dans le quartile supérieur (dT° -4,93°) (p = 0,0001).

En dehors les variations de température cutanée, le seul autre facteur associé à la réponse BASDAI 50 était la VS initiale (p = 0,02), alors que la CRP initiale ne l'était pas (p = 0,2).
Enfin, sur le plan de la tolérance, aucun effet indésirable sévère n'a été enregistré. Parmi les 6 patients qui n'ont pas terminé l'ensemble des séances, seul 1 a arrêté pour mauvaise tolérance (sensation de froid prolongée).

« Ce premier essai contrôlé randomisé évaluant l'efficacité de la cryothérapie corps entier dans la SpA axiale active montre une amélioration dans les 2 groupes de patients exposés à -60° et -110 °C, sans différence significative entre les groupes. En revanche, une plus grande variation de température cutanée est associée à une meilleure réponse BASDAI 50. Ce qui signifie que l'efficacité de la cryothérapie corps entier sur l'activité de la maladie semble dépendante de la variation de température cutanée et non pas de la température d'exposition. La détermination d'un seuil de variation de température permettrait de mieux définir le schéma d'administration de la cryothérapie corps entier », conclut Thao Pham.

Reste encore à déterminer la rémanence de l'effet et la raison pour laquelle certains résultats ne sont pas statistiquement significatifs (taille de l'échantillon ? mauvais choix du groupe contrôle puisqu'on y observe une réduction significative de la température cutanée… ? Effet placebo ?)