SFR : Quel impact des comorbidités cardiovasculaires et métaboliques sur l’évolution de l’arthrose ?

  • Dr Dominique-Jean Bouilliez

  • JIM Actualités des congrès
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Plusieurs études ont associé les maladies cardiovasculaires et le syndrome métabolique à l'arthrose, faisant émerger le concept d'« arthrose métabolique ». Cependant, peu d'études rapportent l'impact des comorbidités sur la progression radiographique et le recours à la prothèse. L'étude ROAD (Nueschi E, et coll. BMJ. 2011;342:d1165.) avait par exemple rapporté que l'accumulation des composants du syndrome métabolique était associée à une augmentation du risque de progression de la gonarthrose (cependant essentiellement influencée par l'IMC).

La cohorte KHOALA (Knee and Hip OsteoArthritis Long-term Assessment) est une cohorte nationale française multicentrique de 878 sujets, âgés de 40 à 75 ans, présentant une arthrose symptomatique de hanche et/ou de genou à l'inclusion dans laquelle l'évolution structurale a été définie par l'augmentation d'un point de Kellgren-Lawrence ou la pose d'une prothèse genou ou hanche à 5 ans. Différentes comorbidités ont été analysées : pathologies cardiovasculaires hors HTA (cardiopathie ischémique, insuffisance cardiaque, accident vasculaire cérébral, artériopathie des membres inférieurs), HTA, diabète, tabagisme, dyslipidémie, syndrome métabolique, pathologies neurologiques, digestives, pulmonaires, psychiatriques et ostéoporose. L'analyse a été réalisée séparément sur la hanche et le genou avec ajustement en analyse multivariée sur l'âge, le sexe et l'IMC. Les sujets ayant un IMC > 30 kg/m² ont été exclus de l'analyse compte tenu de la relation étroite de l'obésité avec les différentes comorbidités analysées. Au total, 631 sujets non obèses ont été analysés. Il en ressort qu'aucune association n'a été retrouvée entre comorbidités et pose de prothèse, que ce soit pour la hanche ou le genou. Seules les comorbidités cardiovasculaires (OR [odds ratio] = 2,6 ; p = 0,02) et la présence d'un syndrome métabolique (OR = 1,7 ; p = 0,02) étaient significativement associées à l'évolution du KL à 5 ans dans la gonarthrose (uniquement).

Ces résultats incitent à intégrer la prise en charge des comorbidités cardiovasculaires et métaboliques à celle de la gonarthrose et soulignent les différences entre arthrose de hanche et de genou.