SFR : Infiltrations d’acide hyaluronique ou de corticostéroïdes et risque de PTG

  • Dr Dominique-Jean Bouilliez

  • JIM Actualités des congrès
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

L'effet structural à long terme des infiltrations intra-articulaires de corticostéroïdes et d'acide hyaluronique dans la gonarthrose est débattu. Certaines études suggèrent en effet que les acides hyaluroniques diminuent le recours à la prothèse (Altman R, et coll. PLoS One. 2015 Dec 22;10(12):e0145776), tandis qu'une étude récente suggère que les infiltrations répétées de corticostéroïdes aggravent les lésions chondrales (McAlindon T, et coll. JAMA. 2017 May 16;317(19):1967-1975). L'objectif de l'étude présentée par Augustin Latourte (Lariboisière) était de comparer, en conditions de vie réelle, le risque de prothèse totale de genou (PTG) pour gonarthrose chez des patients ayant reçu des infiltrations de corticostéroïdes ou d'acide hyaluronique à celui de patients n'ayant jamais reçu d'infiltration.

La cohorte KHOALA est une cohorte française de 878 patients avec arthrose symptomatique de hanche et/ou de genou, âgés de 40 à 75 ans dont ont été isolés pour la présente étude les patients avec gonarthrose à l'inclusion, soit 656 patients. Ces patients ont été suivis prospectivement par auto-questionnaires tous les ans, et par examen médical et radiographies à l'inclusion, puis à 3 et 5 ans. Le risque de PTG incidente a été comparé entre les patients n'ayant jamais été infiltrés et ceux ayant reçu au moins une infiltration de l'un ou de l'autre des produits précités. Dans cette cohorte, 91 sujets (13,9 %) ont reçu une PTG au cours des 5 ans de suivi tandis que des infiltrations de corticostéroïdes ou d'acide hyaluronique ont été réalisées respectivement chez 143 (21,8 %) et 191 (29,1 %) patients, 92 (14,0 %) ayant reçu les deux types d'infiltration. Le risque relatif de PTG incidente à 5 ans sur l'articulation infiltrée par rapport aux articulations non infiltrées a été de 0,96 (24,6 % contre 22,6 % à 5 ans, p = 0,94) chez les patients infiltrés par corticostéroïdes et de 0,38 (11,5 % contre 20,6 %, p = 0,06) chez ceux infiltrés par acide hyaluronique.

Ces résultats permettent à Augustin Latourte de conclure que les infiltrations de corticostéroïdes n'augmentent pas les PTG sur l'articulation infiltrée dans la gonarthrose. Par ailleurs, il n'existe pas de réduction significative, malgré une tendance forte, de l'incidence des PTG à 5 ans suite à des infiltrations d'acide hyaluronique. Le faible nombre d'événements à 5 ans pourrait être une limite à cette étude appelée à livrer sous peu d'autres verdicts, notamment l'évolution de la douleur et de la fonction (WOMAC) à 5 ans et l'évolution radiographique à 5 ans.