SFD 2019 - Diabète et grossesse : faut-il traiter systématiquement les hypoglycémies précoces ?


  • Nathalie Barrès
  • Actualités des congrès
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À retenir

Les résultats de cette étude montrent que seule la moitié des femmes ayant une hyperglycémie à jeun précoce a développé un diabète gestationnel (DG) après 22 semaines d’aménorrhée (SA). Une glycémie à jeun >1,0 g/L avant 22 SA constituerait un facteur prédictif indépendant de l’évolution vers un DG, et l’âge ≥30 ans, l’obésité pré-gestationnelle, les antécédents familiaux de diabète et l’absence d’activité professionnelle des facteurs de risque associés.

Les analyses montrent que l’évolution d’une hyperglycémie précoce vers un DG est de moins bon pronostic, du fait de la présence de facteurs de risque associés et non de la présence de l’hyperglycémie précoce en elle-même. Ces résultats suggèrent « de ne dépister en début de grossesse que les femmes à risque et de ne traiter d’emblée que les femmes présentant une glycémie à jeun >1,0 g/L. »

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Il est actuellement recommandé de dépister dès le début de la grossesse les femmes à risque de diabète gestationnel et de prendre en charge toute hyperglycémie précoce (HGp). Pour autant, les données de la littérature montrent qu’une proportion importante des femmes avec HGp – même non traitées – ne développe finalement pas de diabète gestationnel, et il n’est pas démontré que la prise en charge des HGp améliore le pronostic materno-fœtal.

Méthodologie 

268 femmes enceintes présentant une hyperglycémie précoce (≥0,92g/L) non traitées initialement et sans antécédent de chirurgie bariatrique ont été suivies. La proportion de diabète gestationnel développé a été évaluée, ainsi que les déterminants de ce diabète et la survenue d’un critère composite constitué de la prééclampsie, d’un poids de naissance élevé pour l’âge gestationnel, d’une dystocie des épaules ou d’une hypoglycémie néonatale.

Principaux résultats

  • Au total, 134 femmes enceintes ont développé un diabète gestationnel sur les 268 femmes avec hyperglycémie précoce. 
  • Une glycémie à jeun précoce >1,0 g/L augmentait le risque de développer un DG (Odds ratio (OR) 3,2 [1,6-6,3]), ainsi que les facteurs de risque classiquement retrouvés à savoir l’âge ≥30 ans (OR 2,8 [1,5-5,3]), l’obésité pré-gestationnelle (OR 2,1 [1,1-4,0]), les antécédents familiaux de diabète (OR 1,9 [1,0-3,50]) et l’absence d’activité professionnelle (OR 2,0 [1,2-3,3]).
  • Les prééclampsies, la naissance d’un enfant de poids de naissance élevé pour l’âge gestationnel, les dystocies des épaules et les hypoglycémies néonatales (critères composite d’évaluation) étaient plus fréquentes chez les femmes ayant développé un DG versus celles n’en ayant pas développé, et ce malgré un traitement (OR 2,1 [1,1-4,3]). En revanche, ce surrisque n’était pas maintenu après ajustement sur les facteurs de risque (âge>30 ans, l’obésité pré-gestationnelle, les antécédents familiaux de diabète, l’absence d’activité professionnelle).