SFD-2019 : 12% des cas de diabète de type 2 seraient induits par le tabac, que faire ?


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Ivan Berlin membre de la Société Francophone de Tabacologie, est venu ce jeudi parler tabac avec les diabétologues présents au Congrès de la SFD à Marseille. S’appuyant sur des données épidémiologiques extrêmement solides il a montré que :

  • Le tabac augmentait non seulement le risque de syndrome métabolique, de pré-diabète, d’intolérance au glucose, mais également de diabète de type 2 (DT2). Ce sur-risque de DT2 serait estimé à 44% et resterait très élevé (+37%) même après ajustement sur l’âge, la diète, les facteurs génétiques, l’IMC, le périmètre abdominal, le sexe, l’origine ethnique, l’activité physique, la consommation d’alcool et le niveau d’éducation. 
  • Le risque de développer un diabète de type 2 persisterait dans le temps chez les ex-fumeurs par rapport aux non-fumeurs (+22%).
  • Le sur-risque de DT2 chez les fumeurs serait proportionnel à l’intensité de l’intoxication tabagique, passant de 30% chez ceux qui fument moins d’un paquet par jour à 60% pour ceux qui vont au-delà.
  • La toxicité du tabac est telle, que même le tabagisme passif augmenterait le risque de DT2 (+22%). 

Quels sont les mécanismes physiopathologiques en jeu ?

Plusieurs hypothèses sont évoquées. Bien que les fumeurs soient généralement plus minces que les non-fumeurs, ils présenteraient une augmentation de la masse grasse et une diminution de la masse maigre conduisant notamment à une augmentation du périmètre abdominal proportionnelle à l’intensité du tabagisme. Cette accumulation de graisses abdominales induite notamment par le cortisol et l’effet anti-estrogène de la nicotine favoriserait la résistance à l’insuline et le syndrome métabolique qui s’avère effectivement plus fréquent chez les fumeurs que chez les non-fumeurs. Mais les effets du tabac sur le développement du diabète ne s’arrêtent pas là, la nicotine désensibiliserait les récepteurs à l’acétylcholine et réduirait ainsi la sécrétion d’insuline. Elle favoriserait également le stress oxydatif et l’inflammation. Bien sûr il faut tenir compte du fait, que bien souvent les fumeurs, font généralement moins d’activité physique et ont une alimentation moins saine que les non-fumeurs.

Les données présentées par Ivan Berlin contribuent à mettre en évidence qu’il est essentiel de dépister le diabète chez les fumeurs et d’accompagner les patients diabétiques fumeurs vers le sevrage tabagique.