Sevrage tabagique chez les sujets alcoolo-dépendants

  • Guo K & al.
  • Int J Clin Pract

  • Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Selon cette revue de la littérature et méta-analyse chinoise, la varénicline pourrait être efficace à court terme pour faciliter le sevrage tabagique chez les sujets dépendants à l’alcool.
  • En revanche, la naltrexone, le topiramate et le bupropion ne montrent pas d’effet significatifs dans cette population.

 

Le tabagisme et la consommation abusive d’alcool représentent un lourd fardeau en termes de santé publique et apparaissent souvent associés. Chez les sujets dépendants à l’alcool ou ayant une forte consommation d’alcool et essayant d’en sortir, le tabagisme a été associé à une consommation d’alcool excessive, à des symptômes de sevrage plus importants et à une plus forte probabilité de rechute, notamment précoce, après traitement. Alors qu’inversement, l’arrêt du tabac peut réduire la consommation d’alcool et les épisodes de craving dans cette population. La varénicline, la naltrexone, le topiramate et la bupropion, qui agissent au niveau cérébral pour réduire les symptômes du sevrage tabagique, sont recommandés en première ligne de traitement dans cette indication. Pour la première fois, une revue de la littérature et méta-analyse chinoise s’est intéressée à l’efficacité et la sécurité de ces traitements, spécifiquement chez les sujets alcoolodépendants.

Méthodologie

Tous les essais contrôlés randomisés ayant évalué des traitements pharmacologiques du sevrage tabagique ont été recherchés dans différentes bases de données. Le système Grade a été utilisé pour évaluer le niveau de certitude des résultats observés par la méta-analyse.

Résultats

  • Au global, 9 essais contrôlés randomisés représentant 908 fumeurs ayant une dépendance à l’alcool et dont les résultats ont été publiés entre 2005 et 2020 ont été retenus. Le critère d’évaluation était le taux d’arrêt de traitement pour l’ensemble des études, et les durées de suivi variaient de 2 semaines à 6 mois.
  • La varénicline a montré un effet significatif sur l’arrêt du tabac, surtout à court terme (<12 semaines, mais pas au-delà) (3 essais, 195 fumeurs, OR 6,27 [2,49-15,78], p<0,05, très faible niveau de certitude).
  • La naltrexone n’a en revanche pas montré d’effet significatif sur l’arrêt du tabac, ni à court terme (8 semaines), ni à long terme (> 12 Semaines) (3 essais, 432 fumeurs, OR 0,99 [0,54-1,81], p<0,97, niveau de certitude modéré).
  • Aucun effet du topiramate (2 essais, 223 fumeurs) ni du bupropion (1 essai) n’a pu être observé.
  • Sur le plan de la tolérance, celle-ci était identique sous traitement actif et placebo à l’exception d’une étude sur la naltrexone et d’une sur le bupropion qui ont rapporté davantage d’effets indésirables dans le groupe de traitement, notamment des nausées et des insomnies.

Limites

Le faible nombre d’études incluses dans la méta-analyse et le bas niveau de certitude des résultats obtenus incitent à considérer les résultats concernant la varénicline avec prudence. D’autres études sont attendues, notamment à long terme.