Sevrage tabagique chez les patients atteints de BPCO : des résultats rassurants pour la varénicline et le bupropion


  • Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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La varénicline et le bupropion sont reconnus comme des traitements efficaces du sevrage tabagique en population générale, comme chez les patients atteints de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). Après avoir été suspectés d’accroître le risque d’événements indésirables graves d’origine cardiovasculaire ou psychiatrique, ces deux molécules ont été dédouanées par des essais cliniques de grande ampleur et des études observationnelles en population générale. Une évaluation spécifique « dans la vraie vie » de ces deux molécules paraissait toutefois nécessaire chez les fumeurs atteints de BPCO étant donné leur risque accru d’événements cardiovasculaires et psychiatriques.

Méthodologie

  • Une étude rétrospective a collecté les données de patients souffrant de BPCO à partir de la base de données QResearch. Cette base regroupe les données de 753 médecins généralistes du service national de santé du Royaume Uni.
  • Les patients qui avaient reçu un traitement nicotinique de substitution (TNS, pris comme groupe de référence), du bupropion ou de la varénicline entre  janvier 2007 et juin 2012 ont été identifiés.
  • Ils étaient suivis au cours d’une période de 6 mois afin de comparer l’incidence des événements cardiovasculaires (pathologie cardiaque ischémique, AVC, insuffisance cardiaque, maladies vasculaires périphériques, et arythmies) et psychiatriques (dépression, auto-mutilation) selon un modèle à risques proportionnels de Cox.
  • L’analyse des scores de propension était utilisée pour tenir compte d’éventuels facteurs confondants.

Résultats

  • 14.350 fumeurs souffrant de BPCO ont été inclus dans l’analyse : 10.426 avaient reçu un traitement nicotinique de substitution, 350 du bupropion et 3.574 de la varénicline.
  • Ces patients BPCO étaient plus âgés, plus défavorisés et présentaient un taux de comorbidités plus élevé (y compris cardiovasculaires et psychiatriques) que les fumeurs sans BPCO.
  • Ceux traités par TNS pour leur sevrage tabagique étaient plus vieux, présentaient plus de difficultés respiratoires et un taux plus élevé de comorbidités par rapport aux usagers de bupropion ou de varénicline.
  • L’analyse statistique n’a détecté aucun surrisque d’événements indésirables cardiovasculaires ou psychiatriques pour la varénicline et le bupropion, par comparaison avec le groupe de référence traité par TNS.
  • Au contraire, la varénicline a été associée à une réduction significative du risque d’insuffisance cardiaque (Hazard Ratio (HR) 0,56 [IC95% : 0,34-0,92]) et de dépression (HR 0,73 [IC95% : 0,61-0,86]).
  • L’analyse des scores de propension après appariement des patients des groupes varénicline et bupropion aux patients du groupe de référence a montré des résultats similaires.
  • La modélisation de facteurs confondants non mesurés a confirmé que l’augmentation du risque de ces événements indésirables était peu probable.

Limitations

  • La nature observationnelle de l’étude a pu induire des facteurs confondants (âge, prévalence des facteurs de risque d’événements cardiovasculaires ou psychiatriques, des comorbidités, sévérité de la BPCO). Mais ces différences ont été prises en compte dans l’analyse de régression sur les facteurs confondants mesurés et dans celle des scores de propension.

À retenir

Chez les fumeurs atteints de BPCO, un traitement de sevrage tabagique par varénicline ou bupropion n’est pas associé à un risque supérieur d’événements cardiovasculaires, de dépression ni d’auto-mutilation par comparaison aux traitements nicotiniques de substitution.