Sevrage des IPP : Oui, c’est possible !

  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir

Une étude franco-belge a évalué le sevrage à moyen terme des inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) chez des sujets souffrant de reflux laryngo-pharyngé (RLP). Les résultats montrent que :

  • les deux tiers des patients environ sont sevrés en IPP à 3 ans
  • 4 patients sur 10 constatent l’augmentation progressive dans le temps des symptômes liés au RLP
  • 3 patients sur 10 ont conscience des effets indésirables des IPP
  • 3 patients sur 10 seulement savent qu’il faut prendre les IPP à jeun

Pourquoi ces données sont-elles intéressantes ?

Les IPP sont des traitements largement utilisés à travers le monde et bien souvent maintenus de manière chronique sans tentative de sevrage. Or, ils présentent des effets indésirables non négligeables notamment l’altération de l’absorption des vitamines et minéraux, l’augmentation du risque de fracture, de syndrome coronarien aigu et d’infection.

Méthodologie

Cette étude a été menée auprès de 100 patients atteints de RLP et traités par un régime alimentaire associé à des IPP et des alginates. Les patients ont été suivis entre septembre 2016 et mai 2020. La période thérapeutique initiale s’est déroulée sur 3 à 6 mois. Les patients ont ensuite été sevrés en IPP tout en continuant à respecter le régime alimentaire et à gérer leur stress sur le long terme.

Principaux résultats

Sur les 100 patients contactés, 67 patients ont réellement intégré l’étude (âge moyen 52 ans, 56,7% de femmes) et 56 ont répondu au questionnaire final. Parmi eux, 40,3% souffraient d’une forme acide de RLP, 38,8% d’une forme mixte et 20,9% d’une forme non acide. Helicobacter pylori n’était présent que chez 3 patients (6%). 

Le taux de sevrage à 3 ans de l’utilisation régulière ou occasionnelle d’IPP était de 64,2%. Certains patients ont déclaré une augmentation dans le temps des symptômes liés au RLP. Ainsi, 8,9% des patients ont eu entre 1 et 2 épisodes symptomatiques en lien avec le RLP par an et 20,9% entre 3 et 5 épisodes. Ces épisodes ont été gérés par un régime alimentaire, la prise d’alginate ou d’IPP. Parmi les patients suivis, 29,8% ont rapporté des effets indésirables attribués aux IPP. Sur l’ensemble de la population, seuls 26,8% avaient conscience des effets indésirables des IPP. Ces informations leur avaient été transmises le plus souvent par leur médecin (33%), ou elles avaient été lues sur internet (17%) ou encore elles avaient été transmises par des amis ou des membres de la famille (17%). Les patients qui prenaient les IPP durant plus de 6 mois rapportaient plus souvent des effets indésirables que ceux qui avaient eu un traitement plus court. Seulement 33% des patients avaient conscience qu’il fallait prendre les IPP à jeun. Les patients non répondeurs au traitement étaient significativement plus souvent au courant des effets indésirables des IPP que les répondeurs.