Seule une prescription large des ARV chez les sujets VIH non traités infléchira durablement les chiffres de l’infection


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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Principaux messages

  • Le traitement en tant que prévention contribue à réduire le risque de transmission du VIH.
  • Les nouveaux diagnostics sont fortement corrélés à la prévalence des patients non traités.
  • Aussi, traiter au moins 35% des personnes infectées par le VIH et non encore traitées permettrait de réduire le nombre de nouveaux diagnostics. Par exemple, le fait de traiter au moins 75% des sujets présentant ce profil diviserait par 10 le nombre de nouveaux diagnostics d'ici 2021.

Une forte diminution de la prévalence du VIH peut être atteinte en France, à l’heure où les modalités de lutte contre la circulation du virus le traitement en tant que prévention ( Treatment as Prevention, TasP ), le Test and Treat et la Prophylaxie pré-exposition (PrEP) sont disponibles comme moyen de prévention du virus. En effet, traiter au moins 35% des personnes infectées et non traitées actuellement permettrait d’enclencher une baisse significative de la prévalence selon une modélisation réalisée par des chercheurs français. Ce travail suggère même que traiter au moins 75% de tous ces sujets diviserait le nombre de nouveaux diagnostics par 10 d'ici 2021.

Ce travail, publié dans Journal of Clinical Virology , se fonde sur l’analyse de près de 7.000 sujets dont le diagnostic a été posé entre 1985 et 2015. Les auteurs ont analysé leurs données sociodémographiques, cliniques et biologiques, ainsi que les modes de contamination incriminés. Ils ont aussi cherché et établi les plus importantes corrélations pouvant expliquer la survenue de l’infection. C’est par exemple le cas concernant la corrélation des nouveaux diagnostics chez les femmes avec la prévalence de l’infection chez les hommes hétérosexuels ou celle entre les nouveaux diagnostics chez les hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes (HSH) et la prévalence des HSH non traités.

L’ensemble des analyses statistiques conduites a permis d’établir que l’initiation du traitement antirétroviral (ARV) chez au moins 35% des personnes non traitées réduirait la cinétique actuelle de transmission du VIH ; associée à l’espérance de vie des personnes traitées, cela ne permettrait pas néanmoins de réduire la prévalence de la maladie. En revanche, si les trois quarts des personnes VIH non traitées étaient placées sous ARV, la diminution des nouveaux diagnostics seraient beaucoup plus importantes et permettrait de commencer à infléchir les chiffres de prévalence. Le TasP constitue ainsi un élément déterminant dans la lutte contre l’infection, mais reste insuffisant et doit nécessairement être combiné aux autres traitements préventifs et curatifs.