SEP : y a-t-il un intérêt à poursuivre l’alemtuzumab au delà des deux premières cures ?

  • Comi G & al.
  • Mult Scler
  • 25 nov. 2019

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Selon une analyse post-hoc de l’étude CARE-MS, l’ajout d’une 3e et 4e cure d’alemtuzumab chez les patients présentant toujours une sclérose en plaques (SEP) active après 2 premières cures, permet de réduire de façon significative l’activité de la maladie au cours des 3 années suivantes et de stabiliser, voire d’améliorer, le handicap.
  • L’ajout de ces deux cures supplémentaires n’a pas modifié le profil de sécurité par rapport aux patients ayant reçu seulement les deux cures initiales.

 

L’alemtuzumab est un anticorps monoclonal humanisé qui a apporté la preuve de sa supériorité par rapport à l’interféron bêta1a chez les patients souffrant de SEP récurrente-rémittente. Cet immunomodulateur améliore le profil inflammatoire des patients et réduit ainsi l’activité de la maladie, même si son mode d’action reste incomplètement élucidé. Son AMM prévoyait initialement deux cures en début de traitement (12 mg/j durant 5 jours), puis 12 mois plus tard (12 mg/j durant 3 jours). Elle a été étendue en 2018, permettant jusqu’à deux cures supplémentaires en Europe (autant que nécessaire aux États-Unis) avec 12 mois d’écart après la cure la plus récente. L’efficacité et la sécurité de ces cures additionnelles ont été évaluées à partir de l’analyse post-hoc des études CARE-MS et TOPAZ, 8 ans après l’initiation du traitement

Deux cures d’alemtuzumab suffisantes pour stabiliser la maladie chez 60% des patients

Dans l’extension des études CARE-MS, les patients recevaient des cures additionnelles d’alemtuzumab (12 mg/j durant 3j) à 12 mois de distance de la dernière cure autant de fois que l’activité de la maladie le rendait nécessaire (rechute, activité à l’IRM ou les deux). Ceux ayant reçu d’autres traitements de fond au cours des 4 années de suivi étaient exclus. Ceux qui avaient été jusqu’au bout de CARE-MS pouvaient entrer dans l’étude TOPAZ qui prévoyait une période de suivi supplémentaire et des cures additionnelles d’alemtuzumab ou d’un autre traitement de fond. Sur les 742 patients de l’étude CARE-MS, 607 ont pu être inclus dans l’analyse d’efficacité post-hoc par sous-groupe : 362 (60%) avaient reçu 2 cures d’alemtuzumab au cours des 8 années de suivi, 144 (24%) 3 cures, 62 (10%) 4 cures et 39 (6%) 5 ou plus.

Des cures additionnelles chez les sujets non stabilisés après deux cures

Cette différence du nombre de cures nécessaires pour contrôler l’activité de la maladie reflète l’hétérogénéité interindividuelle de l’évolution de la SEP. Les patients qui avaient reçu 3 ou 4 cures ont vu leur taux annualisé de poussée (TAP) réduit, passant respectivement de 0,73 et 0,74 au cours des 12 mois précédant la dernière cure, à 0,07 et 0,08 douze mois plus tard (pe cure de traitement, le pourcentage de patients sans aggravation confirmée du handicap était de 89% et 20% d’entre eux ont obtenu une amélioration du handicap au cours des 6 derniers mois. Après la 4ecure de traitement, ces chiffres étaient respectivement de 92% et 26%. Par ailleurs, le pourcentage de patients sans activité visible de la maladie à l’IRM a augmenté, passant de 43% et 53% dans les 12 mois précédant la 3e et 4e cure à 73% et 74% aux cours des 12 mois suivants. Sur le plan de la sécurité, les résultats se sont révélés similaires dans ces deux groupes de traitement par rapport à ceux observés chez les patients n’ayant reçu que 2 cures et dans l’ensemble de la population CARE-MS.

Financement

Sanofi