SEP : traitement de fond et évolution vers une forme progressive en conditions de vie réelle

  • Brown JWL & al.
  • JAMA
  • 15 janv. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Univadis Résumés Cliniques
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À  retenir

  • Les données obtenues à partir de 1.555 sujets souffrant de sclérose en plaques récurrente-rémittente (SEP-RR) permettent d’observer que tous les traitements initiés (IFNb, acétate de glatiramère, fingolimod, natalizumab, alemtuzumab) offrent un ralentissement de la progression de la maladie par rapport à une absence de traitement, l’effet évoluant de pair avec la réduction du taux de rechute associé à chaque molécule. Parallèlement, le fingolimod, le natalizumab et l’alemtuzumab semblent ralentir l’évolution vers une forme secondairement progressive (SEP-SP) de façon plus efficace que le IFNb ou que l’acétate de glatiramère.
  • Malgré les limitations (lien de causalité non prouvé, sous-scores EDSS indisponibles, hétérogénéité des profils cliniques associés à chaque médicament ayant nécessité un appariement spécifique), et le recours à un appariement selon un score de propension perfectible, il semble probable que les traitements de fonds peuvent ralentir l’évolution vers une forme secondairement progressive, qui concerne généralement 80% des sujets SEP non traités après 20 ans d’évolution. En cela, cette étude peut apporter des enseignements importants pour la pratique clinique.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Récemment, les formes secondairement progressives ont fait l’objet d’une définition validée. En conséquence, il était intéressant d’évaluer l’efficacité des traitements à ralentir leur progression, sur la base de cette récente formalisation.

Méthodologie

La cohorte prospective qui a été constituée à partir de 68 services de neurologie répartis dans 21 pays regroupait des patients diagnostiqués pour une SEP-RR entre 1988 et 2012, et pour lesquels un suivi de 4 ans minimum était disponible. Ainsi, les données de 1.555 patients (72,2% de femmes, âge moyen 35 ans) ont été analysées. La comparaison des différents traitements a été faite après appariement sur de multiples paramètres, notamment cliniques (taux de poussées, score EDSS, ancienneté de la maladie).

Résultats

  • Les patients initialement traités par acétate de glatiramère (AG) ou IFNb présentaient un risque d’évolution vers la SEP-SP réduit de 29% à 5 ans (HR 0,71 [0,61-0,81], p
  • Les patients ayant été traités par AG ou IFNb dans les 5 ans suivant l’apparition de la maladie avaient un risque d’évolution inférieur à ceux qui avaient été traités plus tardivement (HR 0,77 [0,61-0,98], p= 0,03). Le switch de ces patients vers le fingolimod, l’alemtuzumab ou le natalizumab dans les 5 ans était aussi associé à une réduction du risque de progression (HR 0,76 [0,66-0,88], p