SEP : Quelles comorbidités avant et après le diagnostic d’une SEP ?

  • Dr Dominique-Jean Bouilliez

  • JIM Actualités des congrès
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Le UK CPRD est une base de données britannique dans laquelle sont recensés tous les patients avec sclérose en plaques (SEP) et pour lesquels on dispose des antécédents avant le diagnostic. Susan Jick (Boston) a repris les données concernant 6 932 patients inclus entre 2001 et 2015 ; chaque patient étant apparié avec 10 sujets ayant les mêmes caractéristiques démographiques mais n'ayant pas de SEP.

Il en ressort, qu'avant le diagnostic de SEP, les patients présentent une plus forte incidence (avec un p vs 23,2 %), d'infections ORL ou ophtalmiques (4,9 vs 3,2 %), d'infections du tractus urinaire (4,5 vs 2,9 %), d'infections sérieuses (1,9 vs 0,8 %), de maladies auto-immunes (5,6 vs 4,7 %), d'artériopathies périphériques (0,5 vs 0,2 %), de syndrome de Raynaud (1.4 vs 0,9 %), d'œdème maculaire (0,2 vs 0,1 %), de recours à un antidépresseur (26,8 vs 13,5 %), un antipsychotique (9,3 vs 3,2 %), un antiépileptique (1,2 vs 0,8 %), un antihypertenseur (15,9 vs 14,2 %), un IPP (13,3 vs 9,6 %), un antibiotique (35,0 vs 29,9 %). « Ces constatations incitent à accorder plus d'attention aux symptômes inauguraux possibles d'une SEP » a conclu Susan Jick.

Par ailleurs, après 5 ans de suivi, les comorbidités les plus fréquentes en cas de SEP sont plutôt d'ordre neurologique : spasticité (OR [odds ratio] = 5,53), neuropathie (4,43), épilepsie (3,83), mais aussi ostéoporose (2,22), troubles psychiatriques non dépressifs (2,14), infections sérieuses (2,0), thromboembolies veineuses (1,94), dépression traitée (1,90), artérite périphérique (1,82), comportement suicidaire (1,45), fracture (1,41), infections opportunistes (1,35), dysfonction intestinale (1,30), événement cardio-vasculaire majeur (1,28), et herpes (1,20), mais pas de cancers (0.96). Toutes ces affections génèrent une surmortalité qui impose une prise en charge adéquate et précoce.