SEP progressive secondaire : quels facteurs favorisent-ils la progression du handicap ?


  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Messages principaux

  • Selon l’analyse menée à partir de la base international MSBase, le taux de progression du handicap après le début de la SEP-SP n’est pas associé à la précocité de l'évolution ou au traitement. Les poussées durant cette phase de la maladie sont, en revanche, associées à un risque plus important de progression du handicap. De plus, les traitements de fond sont associés à de un meilleur pronostic fonctionnel en cas de poursuite de poussées durant la SEP-SP.

On sait que la SEP-RR peut évoluer vers une forme secondairement progressive après un temps plus ou moins long durant lequel des poussées et des rémissions alternent. Cependant, la frontière entre ces deux entités cliniques est floue, et des poussées surviennent aussi dans le cadre de la SEP-SP. Or, peu d’études se sont penchées sur les facteurs déterminant la progression de la maladie une fois cette phase clinique atteinte, et les données disponibles sont contradictoires. L’efficacité de l’immunothérapie sur la cinétique d’évolution du handicap est également mal décrite. Une analyse du registre international MSBase (123 centres issus de 33 pays) est parue dans le JAMA Neurology et propose ses conclusions.

Une analyse portant sur plus de 1.600 cas

Ce travail a porté sur les données collectées prospectivement entre 1995 et février 2018. Parmi les 53.680 patients du registre, 4.997 étaient atteints d’une forme SEP-SP dont 1.621 présentaient les critères d’inclusion et la durée de suivi suffisante pour l’analyse.  L’étude a porté sur la progression du score de sévérité de la maladie (MSSS - Multiple Sclerosis Severity Score) une fois la forme SEP-SP diagnostiquée, et le délai entre le diagnostic et et l’atteinte d’un score de handicap élevé (EDSS >7,0).  La cohorte ainsi constituée comportait 68,0% de femmes, avec un âge moyen de 33,9 ans au diagnostic. Parmi ces patients, 40,8% présentaient encore des poussées durant la phase SEP-SP (forme active).

Les patients ont été stratifiés selon l’efficacité du traitement des poussées : le principal traitement de faible efficacité reçu durant la phase SEP-RR, puis la phase SEP-SP, était l’IFN bêta (79,7% puis 68,2% des 1.396 et 1.163 patients concernés par ces traitements), l e fingolimod était le principal traitement d'efficacité moyenne (89,2 % puis 76,6 % des 74 et 385 patients concernés), tandis que le natalizumab concernait 54,4 et 69,3 % des 171 et des 411 patients recevant un immunomodulateur de forte efficacité durant ces deux phases cliniques, respectivement.

La progression moyenne de la sévérité était de -0,02 points EDSS/an, ceux ayant une maladie active avec poussée au cours de la SEP-SP présentant une pente plus importante, contrairement à ceux qui recevaient un traitement de fond. Le fait d’être traité ou de présenter des poussées durant la phase précoce de la SEP-RR n’était pas associé à l’aggravation du handicap durant la phase SEP-SP.

Parmi les 1.494 patients ayant un score EDSS inférieur à 7,0 lors du passage en SEP-SP, 17,9% ont atteint un score de 7,0 pendant le suivi. Là encore, le fait d’être traité ou de présenter des poussées durant cette seconde phase de la maladie n’était pas non plus associé à l’aggravation du score EDSS. Il existait cependant un risque plus faible d'atteindre un score EDSS de 7,0 pour les patients les plus âgés et ceux pour lesquels l’ancienneté de la maladie était la plus longue.