SEP : l’allaitement protège-t-il des poussées en période post-partum ?

  • Krysko KM, et al.
  • JAMA Neurol.
  • 9 déc. 2019

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Selon une méta-analyse réalisée auprès de femmes atteintes de sclérose en plaques (SEP), celles qui allaitent auraient un risque de poussée réduit de 37% en période post-partum par rapport à celles qui n’allaitent pas.
  • Cet effet protecteur apparaît de façon plus importante en cas d’allaitement au sein exclusif durant au moins 2 mois par rapport à un allaitement mixte.
  • Ces résultats nécessitent toutefois d’être confirmés par des essais de bonne qualité méthodologique, car toutes les études prises en compte dans cette méta-analyse étaient à risque de biais modéré à élevé en raison de risque de facteurs confondants résiduels. 

   

La grossesse et l’allaitement représentent des périodes à risque plus élevé de poussée chez les femmes atteintes de sclérose en plaques car les traitements de fond ne sont pas recommandés durant ces périodes de vie. Ce risque peut concerner jusqu’à 30% des femmes au cours des 3 mois suivant l’accouchement et il est susceptible d’aggraver leur handicap, ce qui les incite à renoncer à allaiter, afin de pouvoir reprendre leur traitement de fond. L’éventuel effet protecteur de l’allaitement sur le risque de poussée en période post-partum n’a été que insuffisamment évalué. 

Aussi, une équipe de l’Institut des Neurosciences de San Francisco a-t-elle réalisé une revue systématique de la littérature et une méta-analyse pour caractériser une éventuelle association.

Tous les essais ayant évalué l’association entre allaitement et risque de poussée durant la période suivant l’accouchement ont été recherchés et 24 études représentant 2.974 femmes ont pu être retenues. Seize d’entre elle ont finalement pu être incluses dans la méta-analyse quantitative. Dans toutes ces études, les femmes étaient atteintes de SEP récurrente-rémittente et avaient entre 28 et 34 ans. Leur maladie évoluait depuis 4 à 9 ans et n’avait occasionné qu’un handicap léger (EDSS 1 à 2).

La méta-analyse de leurs données a montré que l’allaitement était associé à une réduction de 37% du risque de poussée de SEP au cours de la période post-partum par rapport aux femmes qui n’allaitaient pas, avec un odds ratio poolé (ORp) de 0,63 [0,45-0,88] (p=0,006) et une hétérogénéité modérée (I 2 =48,2%, p=0,02). Lorsque seules 4 études à risque modéré de biais étaient prises en compte, la réduction du risque apparaissait de façon plus marquée (-43%), avec un hazard ratio de 0,57 [0,38-0,85], p=0,006, mais une hétérogénéité plus importante (I 2 =57,5%, p=0,07). Par ailleurs, même si l’association était retrouvée dans les deux cas, l’association était renforcée lorsque les études ne prenaient en compte que l’allaitement au sein exclusif (au moins 2 mois) (ORp 0,52 [0,28-0,97], p=0,04) et moindre en cas d’allaitement mixte (ORp 0,68 [0,45-1,03], p=0,07).

Les risques de biais modérés à élevés retrouvés dans ces différentes études constituent la principale limite de ces résultats.