Sensibilité au gluten non cœliaque : un diagnostic délicat

  • Ruemmele FM
  • Ann Nutr Metab
  • 1 janv. 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Les troubles liés à l’ingestion de gluten font actuellement l’objet d’une attention particulière. Annals of Nutrition & Metabolism publie un article de mise au point sur la sensibilité au gluten non cœliaque (SGNC) en pédiatrie. Du fait de la difficulté diagnostique liée à cette maladie, les données épidémiologiques sont hétérogènes. A minima, la SGNC serait 2 à 3 fois plus fréquente que la maladie cœliaque dont la prévalence estimée est de 1%.

Intolérance, allergie, sensibilité : comment s’y retrouver ?

En l’absence de biomarqueurs spécifiques, le diagnostic de SGNC ne peut être posé qu’après avoir écarté :

  • la maladie cœliaque : présence d’autoanticorps anti-endomyosium et anti-transglutaminase, typage HLA-DQ2 ou DQ8, mise en évidence d’atrophies villositaires et d’un taux élevé de lymphocytes intra-épithéliaux ;
  • l’allergie au blé : présence de manifestations allergiques gastro-intestinales, cutanées et/ou respiratoires quelques minutes après ingestion, présence d’IgE spécifiques.

Le SGNC correspond à des symptômes apparus quelques heures à quelques jours après ingestion : les douleurs abdominales puis la diarrhée sont les symptômes les plus fréquemment rapportés, avec des manifestations extradigestives moins systématiques (fatigue, céphalée, anxiété…).

Une fois la maladie cœliaque et l’allergie au blé écartées, la démarche diagnostique repose idéalement sur cinq phases successives :

  • Évaluation des symptômes selon une échelle validée (Gastrointestinal Symptom Rating Scale par exemple) sous régime habituel,

  • évaluation hebdomadaire au cours de 6 semaines d’éviction du gluten,

  • évaluation à l’issue d’une semaine de traitement par capsules de gluten ou de placebo, toutes deux séparées par une semaine de wash out (soit trois évaluations).

L’évaluation doit a minima être menée en simple aveugle, des effets nocebo pouvant à défaut compliquer le déclaratif des patients.

Prise en charge et précautions

Le blé comporte du gluten mais également d’autres composants, co mme les inhibiteurs d’alpha-amylase et les inhibiteurs de trypsine (ATI), les FODMAPs ( Fermentable, Oligo-, Di-, Monosaccharides, And Polyols , dont le fructane présent dans de nombreux fruits et légumes) ou les agglutinines de germes de blé, qui peuvent également être responsables de symptômes digestifs pouvant rendre l’interprétation des symptômes délicate. Le diagnostic de SGNC reste donc complexe et demande souvent des explorations multiples par un spécialiste.

La prise en charge repose sur l’éviction du gluten de l’alimentation durant plusieurs semaines à plusieurs mois, à l’issue desquels une réintroduction progressive du gluten peut être évaluée.

Il est important de noter qu’un régime sans gluten engendre des modifications du microbiote intestinal et un possible risque de déficit en calcium, fer et folates, rapporté par certaines études, et qui doit être surveillé.