Senior : risque cardiovasculaire associé à une élévation de la troponine I après sport d’endurance

  • Aengevaeren VL & al.
  • Circulation
  • 12 août 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À  retenir

L’élévation transitoire de la troponine I cardiaque suite à un exercice sportif n’est pas associée à un risque cardiovasculaire selon les études menées auprès de cohortes d’athlètes en bonne santé. Pourtant, après un suivi médian de plus de 3 ans, le taux de décès et d’évènements cardiaques majeurs (MACE, Major Adverse Cardiac Events ) observé au sein d’une cohorte de seniors sportifs ayant participé à une compétition d’endurance (33 à 55 km de marche) était plus élevé parmi ceux qui avaient présenté une élévation du taux de troponine I au-dessus de 0,040 µg/L que parmi les autres. Cette élévation apparaissait notamment associée à l’âge, à l’intensité de l’exercice et au taux de troponine avant l’exercice. Aussi la concentration de troponine I post-exercice pourrait constituer un marqueur indépendant de morbi-mortalité cardiovasculaire, si des études cliniques additionnelles confirment les données de ce travail observationnel.

Profil de la cohorte recrutée

Cette étude a été conduite auprès de participants de la plus importante compétition internationale de marche (Nijmegen Four Days Marches), au cours de laquelle les participants parcourent 30 à 55 km par jour durant 4 jours consécutifs selon leur âge et leur sexe. Entre 2008 et 2016, il a été proposé aux marcheurs de participer à l’étude : ils bénéficiaient d’un bilan sanguin avant puis 10 minutes après le premier parcours de marche. L’étude a pris en compte les données sociodémographiques, les antécédents personnels et les traitements cardiovasculaires des participants. Le critère principal composite de l’étude était la survenue d’un décès ou d’un MACE au cours du suivi.

Un risque multiplié par plus de 2,5 en cas de taux de troponine I élevé

  • L’analyse a été menée auprès de 725 participants, âgés en moyenne de 61 ans (62% d’hommes). Parmi eux, 60% ne présentaient ni facteur de risque (HTA, dyslipidémie, diabète) ni antécédent cardiovasculaire (IDM, AVC, insuffisance cardiaque).
  • À l’inclusion, les concentrations de troponine I étaient détectables (≥ 0,006 µg/L) chez 33% des participants. Immédiatement après l’effort (8,3 heures de marche en moyenne à 68% de la fréquence cardiaque maximale en moyenne), 58% présentaient des concentrations détectables, dont 9% au-dessus de 0,040 µg/L. Ces derniers présentaient plus souvent des antécédents cardiovasculaires que les autres.
  • Après un suivi médian de 43 mois, 29 décès ont été recensés et 33 sujets avaient présenté un MACE (6 IDM, 17 AVC, 4 diagnostics d'insuffisance cardiaque, 5 revascularisations et 1 arrêt cardiaque). Le critère composite d’évaluation a concerné 27% des participants chez qui la troponine était supérieure à 0,040 µg/L après l’exercice contre 7% de ceux chez qui le taux était resté inférieur à cette valeur.
  • La survenue de l’un évènement composant le critère principal d’évaluation était associée à la valeur initiale de troponine, celle de la troponine post-exercice, à l’âge, au sexe, à l’IMC, aux antécédents et facteurs de risque cardiovasculaires, et au tabagisme. Après ajustement sur l’ensemble de ces valeurs, un taux de troponine supérieur à 0,040 µg/L était associé à un hazard ratio de 3,21 [1,79–5,77], et de 2,48 [1,29–4,78] lorsque la valeur de troponine post-exercice était intégré comme variable continue.
  • Des analyses exploratoires ont également montré que le risque des sujets conservant une valeur post-exercice