Scores endoscopiques pour MICI : comment s’y retrouver ?

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Des spécialistes de l’hôpital Cochin ont publié un article dans "La presse médicale" sur l’intérêt des scores endoscopiques dans la prise en charge des maladies inflammatoires de l’intestin (MICI). Ils indiquent que si l’objectif du traitement des MICI a longtemps été la rémission ou l’épargne en corticoïdes, des données récentes ont montré que la cicatrisation endoscopique était dorénavant l’objectif à atteindre, car elle est associée à une amélioration de la qualité de vie, une diminution du recours à la corticothérapie, aux hospitalisations et aux interventions chirurgicales. Par ailleurs le contrôle de l’inflammation offre également une diminution du risque de dysplasie et de cancer colorectal. Pour suivre l’activité de ces maladies, les scores endoscopiques sont indispensables.

Pour la rectocolite hémorragique

  • Le score de Mayo endoscopique ou UC-DAI reste le plus simple et le plus répandu. Il est côté de 0 à 3 sur la présence d’érythèmes, d’érosions ou d’ulcérations. Dans les essais cliniques, la cicatrisation est définie par un score endoscopique de Mayo à 0 ou 1. De récentes données ont montré qu’un score de Mayo endoscopique de 0 aboutissait à une meilleure évolution et réduisait le taux de colectomie par rapport à un score de 1. Cependant, ce score est peu reproductible inter- ou intra-observateur et n’a jamais été validé par une étude prospective.
  • Le score UCEIS (Ulcerative Colitis Endoscopic Index of Severity) est un nouveau score, précis, validé en prospectif, qui a montré une bonne reproductibilité inter- et intra-observateur. Il est fiable (non influencé par l’état clinique du patient) et peu opérateur-dépendant. Le score UCEIS se calcule à partir de 3 informations endoscopiques et avec un maximum de 8 points : la disparition de la trame vasculaire, l’existence d’un saignement spontané et la présence d’érosions ou d’ulcérations. Contrairement au score endoscopique de Mayo, le score UCEIS prend en compte la présence d’ulcérations profondes. Une limite de score UCEIS ≤ 2 est suggérée, sans qu’il n’y ait pour autant de définition claire du seuil de cicatrisation endoscopique de la muqueuse.

Pour la maladie de Crohn

  • Le score CDEIS a été créé et validé en France par le Groupe d’étude thérapeutique des affections inflammatoires du tube digestif (GETAID). Il s’agit d’un score complexe fortement lié à l’apprentissage qui est très progressif. Il tient compte du nombre de segments explorés, de la surface estimée des lésions, de la surface des ulcérations et de la présence ou non de sténose (ulcérées ou non). La surface des lésions et des ulcérations est faite sur le mode d’une échelle visuelle analogique (de 0 à 10), avec ajout de 3 points en cas de sténose ulcérée et la présence concomitante d'une sténose non ulcérée, 3 points supplémentaires. L’application pour smartphone du GETAID permet un calcul facilité. Il n’existe pas de définition claire de la rémission endoscopique avec le CDEIS. Un score <6 est cependant souvent utilisé pour spécifier l’absence d’ulcération. Ce score est principalement utilisé dans le suivi des malades.
  • Le score SES-CD, est un score simplifié qui tient compte de la taille des ulcérations, de la surface ulcérée et de la présence de sténose. Cependant, contrairement au CDEIS, la présence d’ulcérations profondes n’est pas comptabilisée. Le SES-CD n’a pas été validé de manière prospective. La rémission endoscopique est définie par un score SES-CD <2. Tout comme le score CDEIS, le score SES-CD bénéficie d’une bonne reproductibilité inter- et intra-observateur.
  • L’indice de Rutgeerts, évalue le risque de récidive dans les 5 ans, dans le néo-iléon terminal en post-opératoire après résection iléocæcale. Ce score utilisé en pratique courante n’a pas fait l’objet d’une validation. Le score va de i0 (absence de lésions) à i4 (iléite diffuse avec larges ulcérations ou sténose). Les scores i0 ou i1 n'entraînent pas d’optimisation thérapeutique contrairement à un score ≥i2.

À retenir

Le compte rendu endoscopique du patient suivi pour MICI doit mentionner le score endoscopique. L’évolution de celui-ci dans le temps permet d’évaluer la réponse de la muqueuse au traitement et d’optimiser la prise en charge.