Sclérose latérale amyotrophique : preuve de concept pour la stimulation magnétique neuromusculaire

  • Musarò A & al.
  • Sci Rep
  • 26 févr. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Une équipe italienne a mené une étude randomisée en double aveugle auprès d’un petit nombre de sujets souffrant de sclérose latérale amyotrophique (SLA) : les patients, qui souffraient d’une forme spinale de la maladie ont été randomisés entre une procédure de stimulation magnétique neuromusculaire (SMN) vraie ou leurre au niveau des avant-bras, puis ont bénéficié de mesures de la fonction musculaire, de la conduction nerveuse et de plusieurs examens histologiques et biologiques à partir de de biopsies musculaires.

Après deux semaines, ils ont observé que la SMN améliorait la force musculaire au niveau des muscles fléchisseurs traités, et qu’elle était associée à une diminution de l’atrophie musculaire et de la protéolyse, avec une meilleure efficacité des récepteurs nicotiniques de l’acétylcholine.

La transposition de tels résultats à d’autres paramètres (qualité de vie, fonction respiratoire, survie) est attendue.

L’étude en détails

  • Au total, 22 patients ont été recrutés (dont 19 hommes, moyenne d’âge 61 ans, ancienneté de la maladie 26,82 mois).
  • Les deux groupes de patients ont reçu une SMN réelle au niveau des muscles de l’avant-bras droit et une SMN leurre dans ceux de l’avant-bras gauche ou inversement au cours de la même séance. Une évaluation de la conduction nerveuse a été menée à l’inclusion puis à 2 semaines, et un examen clinique a été réalisé à l’inclusion, puis à 1, 2 et 4 semaines. Des tests électrophysiologiques ont pu être réalisés chez 15 patients et des analyses histologiques et moléculaires après biopsie chez 7 patients.
  • Les mesures de résistance musculaire conduites par dynanomètre à poignée et selon le score spécifique ( MRC Muscle Scale ) montraient une amélioration inter-individuelle et intra-individuelle entre les bras ayant bénéficié d’une SMN réelle et ceux traités par SMN leurre à 1 et 2 semaines par rapport à l’inclusion. Ce bénéfice était absent à l’issue des 4 semaines, sans doute du fait de la progression naturelle de la maladie. Aucune amélioration n’a été observée au niveau des membres non traités.
  • Les analyses histologiques et morphométriques ont parallèlement décrit un taux plus important de fibres musculaires à contraction rapide après traitement par SMN réelle, par rapport à la procédure leurre, suggérant un effet de préservation et d’atténuation de l’atrophie musculaire liée à la maladie.
  • L’absence de modification de l’amplitude des potentiels d’action par le traitement suggère que la stimulation magnétique agit directement sur les fibres nerveuses, plutôt que sur la jonction neuromusculaire.
  • Enfin, les récepteurs nicotiniques de l’acétylcholine, qui jouent un rôle clé dans la contraction musculaire, présentaient une affinité plus élevée pour leur neurotransmetteur.

Limitations

Faible nombre de patients et faible nombre d’analyses issues de biopsies.