Sciatique chronique : prégabaline et gabapentine sont-elles vraiment équivalentes ?

  • Robertson K & al.
  • JAMA Neurol
  • 15 oct. 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Bien que structurellement proches, la prégabaline et la gabapentine offriraient un pronostic différent dans la prise en charge de la douleur liée à la sciatique chronique selon une petite étude face-face randomisée en double aveugle. La raison pour laquelle l’efficacité et le profil de tolérance sont différents restent à déterminer. Quoi qu’il en soit, ces données suggèrent que l’interchangeabilité des deux molécules, fréquemment évoquée dans ce contexte clinique, soit considérée avec précaution.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

La gabapentine et la prégabaline sont deux analogues structuraux de l’acide γ-amino-butyrique (GABA) qui sont indifféremment utilisés pour soulager la douleur liée à la sciatique chronique. Seule une étude prospective a évalué l’efficacité de la prégabaline dans la sciatique sans mettre en évidence de bénéfice mais elle incluait des sciatiques à la fois aiguës et chroniques. Cette étude a choisi de se concentrer uniquement sur les formes chroniques et de comparer l’efficacité respective des deux molécules, ce qui n’avait jamais été étudié jusqu’à présent.

Méthodologie

  • Cette analyse intermédiaire a été menée à partir d’une étude randomisée en double aveugle au cours de laquelle 20 patients adultes reçus en consultation par un neurochirurgien pour une sciatique depuis plus de 3 mois, irradiant dans une jambe jusqu’à ou au-delà du genou ont été randomisés entre un traitement par prégabaline (150 à 300 mg, 2 fois par jour) ou par gabapentine (4000 à 800 mg, 3 fois par jour) durant 8 semaines, la dose étant ajustée après titration. Ensuite, ils switchaient et prenaient l’autre traitement durant 8 autres semaines. Les sujets recrutés ne devaient pas avoir déjà reçu l’un et/ou l’autre de ces traitements. Ils pouvaient en revanche continuer à prendre leurs traitements habituels, y compris les analgésiques.

  • Le critère principal d’évaluation était l’intensité de la douleur à l’issue des 8 semaines, qualifiée sur une échelle visuelle analogique (EVA) cotée sur 10 points.

Principaux résultats

  • À l’issue des 8 semaines de traitement, l'intensité de la douleur était réduite de 7,54 à 5,82 sous gabapentine (p (1.72 vs 0.94, p=0,035).

  • Le critère secondaire de capacité fonctionnelle (Oswestry Disability Index, ODI coté de 0 à 100) montrait une réduction significative de l’incapacité sous gabapentine (59,22 à 48,54, p

  • Parallèlement, 38 évènements indésirables ont été rapportés chez 12 des 18 patients (67%), principalement des vertiges, une somnolence ou des nausées (13%, 13% et 11% respectivement). Ces évènements concernaient 81% de patients sous prégabaline contre 19% de ceux sous gabapentine (p=0,002). Par ailleurs, les évènements indésirables concernant le SNC étaient aussi plus graves sous prégabaline que sous gabapentine.

Principales limitations

Les auteurs ont eu des difficultés de recrutement, car les sujets reçus en consultation avaient souvent été traités préalablement par l’un et/ou l’autre des médicaments.

Financement

L’étude a reçu des fonds publics australiens.