Savoir penser à une maladie de Crohn en cas de fistule anale

  • Yzet C & al.
  • Clin Res Hepatol Gastroenterol
  • 23 avr. 2020

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Une étude rétrospective menée à l’hôpital d’Amiens sur des patients qui devaient subir une exploration pour fistule anale a été réalisée afin d’identifier les caractéristiques cliniques qui pourraient évoquer le diagnostic de maladie de Crohn (MC). Les analyses ont montré qu’une MC avait été diagnostiquée chez environ 7% des sujets traités chirurgicalement pour fistule anale. Les symptômes digestifs (diarrhées fréquentes, perte de poids, douleurs abdominales) au moment du diagnostic étaient des facteurs prédictifs de la MC. Des données indiquent que l’incidence cumulée des fistules anales chez les sujets souffrant de MC serait de 25%. Il est donc important d’investiguer en cas de présence de ces lésions car l’identification et la prise en charge précoces d’une MC améliore l’histoire naturelle de la maladie et la qualité de vie du patient.

Méthodologie

Cette étude française a inclus tous les sujets qui devaient subir une chirurgie pour fistule anale au centre hospitalier universitaire d’Amiens entre le 1erjanvier 2008 et le 31 janvier 2017. Les données démographiques, cliniques et biologiques ont été collectées de manière rétrospective.

Principaux résultats

Sur la période de l’étude, 93 sujets ayant reçu le diagnostic de fistule anale ont eu une exploration anale sous anesthésie générale (âge médian au diagnostic 43 ans, 29% de femmes, 2 sujets avaient des antécédents familiaux de MC). Les premiers symptômes qui ont amené au diagnostic étaient avant tout la présence de pus (45%), une douleur anale (36%) et un abcès (14%). Pour les autres symptômes présents au moment du diagnostic, une perte de poids était notifiée chez 4% de la population, des douleurs abdominales chez 2%, et des manifestations extra-intestinales chez 4%. 

Après diagnostic de fistule anale, 58% des sujets n’ont eu aucun examen digestif spécifique. En revanche, tous ceux qui présentaient des symptômes de MICI ont eu une iléocoloscopie. Sur un suivi médian de 16,8 mois, 7,4% des patients (n=7) ont reçu un diagnostic de MC. Ainsi, l’incidence cumulée des diagnostics de MC était de 0% à 1 an et 10% à 3 ans. Le délai médian entre le diagnostic de fistule et celui de MC était de 7,6 mois. Tous les patients sauf un avaient des symptômes inflammatoires.

En analyses multivariées, les antécédents de diarrhée chronique, la perte de poids et les douleurs abdominales étaient associées au diagnostic de MC. En revanche, aucune association n’a été retrouvée avec les antécédents d’hémorroïdes, de fissures, d’abcès périanal, de chirurgie anale, de tabagisme, de manifestations extradigestives ou d’antécédents familiaux de MICI.

Limites

Le nombre de cas était faible au global. Et l’incidence de la MC chez les sujets ayant subi une chirurgie pour fistule anale pourrait être sous-estimée.