SARS-CoV-2 : premières données cliniques du vaccin par adénovirus


  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Messages principaux

  • Le vaccin recombinant développé contre le SARS-CoV-2 à partir d’un vecteur vaccinal de type adénovirus par Cansino Biologics et exprimant la glycoprotéine de pointe S a une sécurité satisfaisante et induit une immunogénicité significative chez la majorité des patients selon les données de phase 1 qui viennent d’être publiées dans The Lancet.

 

Cette étude de phase 1 a recruté 108 sujets sains de 18 à 60 ans qui ont été répartis entre 3 doses faible, moyenne et élevée injectées de manière séquentielle (5.10 10 , 1.10¹¹, 1,5.10¹¹ particules virales, 3 jours séparant la première de la deuxième puis de la troisième injection). La sécurité de l’injection, la tolérance à J7 et J28, ainsi que l’immunogénicité à J28, ont été analysées.

Chaque bras de l’étude, menée durant la deuxième quinzaine de mars, a recruté 36 patients (51% d’hommes, âge moyen 36,3 ans). Au total, 83% des individus ont présenté au moins un évènement indésirable à J7 sans lien avec la dose (30 dans les groupes dose faible ou moyenne, 27 dans le groupe dose élevée). La plupart de ces évènements étaient légers à modérés,  apparaissaient dans les 24 heures suivant l’injection et avaient disparu rapidement. Il s’agissait essentiellement de douleurs au point d’injection (54%), de fièvre (46%), puis de fatigue, de maux de têtes ou de douleurs musculaires (44%, 39% et 17%). La fièvre concernait plus de patients lorsque la dose injectée était forte (42%/46%/56% dans les groupes faible/moyenne/forte dose) et 6%/6%/14% de chacun des groupes avaient eu une température supérieure à 38,5°C. Quelques variations légères et transitoires dans les paramètres biologiques ont été notifiées chez quelques patients, mais elles n’étaient pas cliniquement significatives ou liées au vaccin. Enfin, aucun événement indésirable grave n'a été observé durant les 28 jours de suivi.

L’étude visait à évaluer le titre d'anticorps spécifiques du domaine de liaison au récepteur et celui des anticorps neutralisants du SARS-CoV-2. La réponse était considérée comme significative lorsque le taux d’anticorps était au moins 4 fois supérieur à celui observé à l’inclusion. Par ailleurs, la réponse des lymphocytes T a été mesurée post-vaccination. Ainsi, le vaccin expérimental a conduit à une immunogénicité significative avec une réponse humorale et cellulaire chez la plupart des participants. La réponse des lymphocytes T a atteint un pic au 14 e jour après la vaccination et le taux d’anticorps a atteint un pic au 28 e jour. Le taux d’anticorps spécifiques était significativement augmenté chez 94 à 100% des participants selon les groupes, tandis que les taux d’anticorps neutralisants étaient significativement augmentés chez 50% des groupes dose faible et moyenne et chez 75% des participants du groupe dose élevée. Il y a eu une forte corrélation entre le taux d’anticorps spécifiques et celui des anticorps neutralisants. Les auteurs soulignent néanmoins que 44 à 56% des participants avaient déjà des anticorps neutralisants contre le vecteur à l'inclusion, ce qui pourrait limiter la réponse spécifique au vaccin. 

Le suivi de l’étude va être conduit sur 6 mois et permettra notamment de mesurer l’évolution des taux d’anticorps. S’il n’est pas possible de généraliser la réponse et la tolérance observées aux enfants et sujets âgés, ni de prédire l’efficacité de l’immunogénicité dans la prévention de l’infection, ces données sont encourageantes et ont conduit le laboratoire à initier une étude de phase 2.