SARS-CoV-2 : nouvelles données françaises sur les séquelles liées à l'infection

  • Morin L & al.
  • JAMA

  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir
L’orage inflammatoire caractéristique des formes sévères de COVID-19 laisse supposer l’atteinte de plusieurs organes qui peut durer dans le temps. Une étude française menée à l’hôpital Bicêtre a évalué systématiquement tous les patients ayant été hospitalisés et guéris d’une infection par SARS-CoV-2 qu’ils aient ou non été pris en charge en unité de soins intensifs (USI) quatre mois après leur hospitalisation pour COVID-19. Les résultats indiquent que  :

  • Un individu sur deux a encore au moins un symptôme, notamment de la fatigue, des symptômes cognitifs et une dyspnée 4 mois après l'infection.
  • Parmi ceux qui ont eu un scanner pulmonaire, six sur dix avaient encore des anomalies visibles dont des opacités en verre dépoli et des lésions fibrotiques.

Intérêt de cette étude
Nombreuses études dans le domaine incluent des sujets volontaires. Ici, un suivi à 4 mois a été proposé systématiquement à tous les patients qui avaient été hospitalisés pour COVID-19, ce qui permet une analyse plus exhaustive.
Méthodologie
Cette étude prospective non contrôlée a inclus des patients ayant été hospitalisés entre le 1er mars et le 29 mai 2020 pour COVID-19 dans un hôpital universitaire français, et guéris. 
Une évaluation de la fonction respiratoire, cognitive, fonctionnelle et de la persistance de certains symptômes a été réalisée par téléphone 4 mois après leur sortie hospitalière (entre juillet et septembre 2020). Tous les patients qui avaient des symptômes importants ainsi que ceux qui avaient été hospitalisés en USI ont été vus en ambulatoire pour une évaluation de leur fonction pulmonaire, un scanner pulmonaire, des tests cognitifs et psychométriques.
Résultats
Sur les 834 patients éligibles, 478 ont donné leur consentement. Parmi eux, 142 ayant été soignés en USI et 177 ont eu une visite en ambulatoire. Parmi ceux qui ont participé aux analyses, 97,2% avaient une sérologie positive, 3 sur 172 n’ont jamais eu de RT-PCR positive et ont été diagnostiqués COVID-19 positif sur la base de clichés pulmonaires caractéristiques.
L’âge moyen des participants était de 60,9 ans et 57,9% étaient des hommes. Les patients qui ont été vus en ambulatoire étaient un peu plus jeunes (56,9 ans en moyenne) et avaient plus de comorbidités. Sur l’ensemble de la population incluse, 51% des sujets ont évoqué avoir encore au moins un symptôme qui n’était pas présent avant leur hospitalisation tels que de la fatigue (31%), des troubles de la mémoire (17,5%), des capacités cognitives ralenties (10%), des troubles de la concentration (10%), une dyspnée (16%) ou des paresthésies (12%).
Lors de la visite en ambulatoire, en valeur médiane sur des échelles spécifiques, la perte de motivation a été objectivée à 4,5 sur 5 (5 étant le pire score), la fatigue mentale à 3,7 sur 5 (5 étant le pire score). L’atteinte cognitive a été confirmée pour 38,4% des individus, elle était plus commune chez les plus de 75 ans.
Parmi les sujets qui avaient été pris en charge en USI, 23% avaient conservé une certaine anxiété, 18% étaient dépressifs et 7% avaient un syndrome post-traumatique.
Chez les 172 patients qui ont eu un scanner, 75% de ceux qui avaient été intubés avaient encore des anomalies visibles (principalement des opacités en verre dépoli) contre 58% parmi ceux qui n’avaient pas été intubés. Des lésions fibrotiques étaient présentes chez 19,3% d’entre eux. Sur l’ensemble de la population incluse, 19,9% des individus avaient développé une insuffisance rénale aiguë durant leur hospitalisation et deux avaient toujours des altérations de la fonction rénale quatre mois après. Dix pour cent des sujets hospitalisés en USI avaient une fraction d’éjection du ventricule gauche toujours inférieure à 50%.
Principale limitation
Absence de groupe contrôle et d’évaluation pré-COVID.