SARM : un protocole de décolonisation efficace en sortie d’hospitalisation

  • Huang SS & al.
  • N Engl J Med
  • 14 févr. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Chez des sujets hospitalisés porteurs de SARM ( S. aureus résistant à la méthicilline ), un protocole antimicrobien appliqué deux fois par mois pendant 5 jours durant les 6 mois suivant la sortie d’hospitalisation permettrait de réduire de 30% environ le risque d’infection par le SARM, ainsi que le risque d’hospitalisation liée à cette infection. Il permettrait également de réduire la fréquence des autres infections et des hospitalisations qui y sont liées.

Le protocole suivi comportait des bains de bouche à la chlorhexidine 0,12%, le rinçage par une solution à la chlorhexidine 4% en fin de douche/bain et l’utilisation matin et soir d’un onguent nasal à la mupirocine 2%. Ce protocole a été associé à des recommandations concernant l’hygiène corporelle et domestique et a été comparé à un bras dans lequel ces recommandations constituaient la seule intervention.

Il semble donc que les sujets observants utilisant cette approche pourraient bénéficier d’un risque moindre d’infections SARM et de réadmissions hospitalières, avec un évènement prévenu toutes les 26 à 35 personnes traitées selon leur profil. Aucune résistance à l’un ou l’autre des antimicrobiens n’est apparue au cours de l’essai, mais les auteurs soulignent que ces résistances pourraient demander plus de temps pour apparaître.

Méthodologie

  • L’étude CLEAR ( Changing Lives by Eradicating Antibiotic Resistance ) est un essai multicentrique randomisé mené en ouvert, avec une évaluation microbiologique menée en aveugle.
  • Les patients de 18 ans ou plus admis dans l’une des 24 structures américaines participantes entre janvier 2011 et janvier 2014, et présentant un portage SARM ont été recrutés. Ils ont tous reçu des informations sur l’hygiène et ont été randomisés aléatoirement afin qu’une moitié d’entre eux suivent le protocole de décolonisation SARM. Tous ont été suivis 12 mois après leur sortie d’hospitalisation à partir des dossiers médicaux.

Principaux résultats

  • Au total, l’étude a inclus 2.121 patients (56 ans, 54% d’hommes). Le nombre de sorties de l’essai a été de 34,9 et 37,0% respectivement (p=0,32) dans les groupes contrôle et décolonisation, tandis que les pertes de vue et les taux de décès étaient de 16-17% et de 9-10% respectivement.
  • Selon l'analyse per protocole, 9,2% des patients du groupe éducation et 6,3% de ceux du groupe décolonisation ont présenté une infection par le SARM dans les 12 mois, soit un taux estimé de 0,139 et 0,098 infections par année-participant. Parmi les infections SARM, 84,8% ont nécessité une hospitalisation, à un taux de 0,117 et 0,083 par année-participant dans les groupes éducation et décolonisation respectivement. Les bactériémies à SARM représentaient 0,040 et 0,028 évènement par année-participant respectivement.
  • Enfin, les infections toutes causes ont concerné 23,7% et 19,6% des groupes contrôle et décolonisation respectivement (0,407 vs 0,338 évènement par année-participant).
  • L'observance du protocole était associée à des taux d'infection plus faibles.
  • Le nombre de personnes à traiter pour prévenir une infection à SARM était de 30 [18-230] et celui pour prévenir une hospitalisation associée de 34 [20-336]. Parmi les participants observants, ces chiffres étaient de 26 et 27 respectivement. Le nombre de patients à traiter pour prévenir tout type d’infection était de 11 [8-21] et de 12 [8-23] concernant la prévention de l’hospitalisation.
  • Les événements indésirables associés au protocole de décolonisation étaient légers et peu fréquents (4,2%) et correspondaient principalement à des irritations locales.

Financement

L’étude a bénéficié de fonds publics américains.