Santé 2022 : l’Ordre des médecins satisfait, celui des infirmiers beaucoup moins


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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L’Ordre des médecins (CNOM – Conseil national de l’Ordre des médecins) est « globalement satisfait des annonces du Président de la République sur la stratégie de transformation du système de santé » et celui des infirmiers (ONI – Ordre national des infirmiers) « se félicite » qu’il « ait pris conscience de la nécessité de mettre la santé à l’agenda politique. » Le premier met l’accent sur les mesures destinées à « libérer les énergies de nos territoires et à décloisonner la ville et l’hôpital », ainsi que sur celles visant à répondre à « l’absolue nécessité de rendre du temps médical aux médecins . » Le second apprécie les « bonnes nouvelles » que sont « la prise de conscience de la souffrance des soignants à l’hôpital, de la nécessité de mieux accompagner les déroulements de carrière et de mieux former au management » ainsi que les « perspectives » portant sur la télésanté, la coordination territoriale et le renforcement des collectifs soignants hospitaliers.

Les deux approuvent l’augmentation de 400 millions d’euros de l’ONDAM (Objectif national de dépenses de l’assurance maladie) et surtout son affectation à l’investissement. Mais si le CNOM estime que « les médecins ont été largement entendus », l’ONI perçoit les infirmiers comme « les oubliés » de Santé 2022, faisant remarquer qu’avec 680.000 personnes, ils sont numériquement la principale composante des professionnels de santé. Certes, les annonces gouvernementales prennent acte de « l’innovation majeure » que sont les infirmières de pratique avancée, mais l’ONI s’interroge sur leur rémunération.

Le point de cristallisation du désaccord entre les deux Ordres porte sur la création des assistants médicaux, très mal perçue par l’ONI, qui parle d’un « grave retour en arrière vers une médecine d’un temps révolu », « totalement inattendu », « contradictoire avec une vision collective, coordonnée et graduée de la prise en charge des patients . »

Quoiqu’il en soit, après les annonces, les deux Ordres attendant maintenant des mesures concrètes. Le CNOM prône en particulier une « approche globale de la formation », la suppression du numerus clausus étant insuffisante et largement illusoire, et s’interroge sur la future gouvernance du système de santé. L’ONI est disposé à apporter sa contribution à Santé 2022, mais à une condition : « adopter une approche globale centrée sur le patient dans une vision large de la santé , » pour laquelle les infirmiers jouent déjà un « rôle majeur et irremplaçable . »