Santé 2022 – 1 : le patient au cœur du système


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

C’est le Président de la République lui-même qui a annoncé le lancement de ce que le Ministère des Solidarités et de la Santé nomme une « transformation profonde du système de santé » à l’horizon 2022. Cette transformation ne s’appuie pas sur un plan, mais sur ce qui s’apparente à une feuille de route, construite après consultation de nombreux acteurs de ce système depuis mars de cette année autour de cinq « chantiers prioritaires » (qualité des soins et pertinence des actes, organisation territoriale, modes de financement et de régulation, ressources humaines et formation, numérique), ayant chacun fait l’objet d’un rapport. Le ministère en a retenu trois « engagements prioritaires », qui seront développés ici en autant d’articles : « placer le patient au cœur du système et faire de la qualité de sa prise en charge la boussole de la réforme », « organiser l’articulation entre médecine de ville, médico-social et hôpital pour mieux répondre aux besoins de soins en proximité », « repenser les métiers et la formation des professionnels de santé. » Ces engagements se déclinent en annonces de mesures qui ne sont qu’une partie de celles proposées dans les rapports et sont assorties d’un calendrier de mise en œuvre.

Priorité aux parcours de soins

Le « patient au cœur du système », cela signifie d’abord une organisation centrée autour du parcours de soins, dont le but est notamment de « limiter les actes redondants ou les pratiques non pertinentes. » Il s’agit de « formaliser des guides de prise en charge pour les maladies chroniques . » Leur construction nécessite l’implication active des professionnels. D’ores et déjà, deux pathologies ont fait l’objet de parcours formalisés, l’insuffisance cardiaque et l’ostéoporose, élaborés en partenariat avec les conseils nationaux professionnels (CNP) correspondants et le Collège de médecine générale. Il est prévu que les principales autres pathologies chroniques bénéficient de ces guides dans les douze prochains mois.

Un rôle accru des patients

D’ici 2022, un espace numérique de santé, individuel et personnalisable, sera ouvert pour chaque usager : il lui permettra d’avoir accès à ses données de santé et à un ensemble de services d’informations sur ses pathologies et d’orientations dans le système de santé, avec notamment des informations sur l’offre de soins dans son territoire, un système de prise de rendez-vous en ligne et des outils d’éducation et de prévention adaptés à sa situation. Le DMP y sera intégré. Les données entrées par les professionnels de santé ne seront cependant pas modifiables par les patients.

La mesure de la satisfaction des patients mise en place pour la chirurgie ambulatoire depuis mai 2018 sera étendue progressivement à l’ensemble des organisations de santé, pour englober les soins de premier recours dès 2020.

Les patients experts seront sollicités pour intervenir dans la formation des professionnels de santé.

Des indicateurs d’efficacité clinique

Le rapport sur la pertinence des soins rappelle que les indicateurs de qualité et de sécurité des soins sont de trois types : ceux qui s’intéressent aux moyens dédiés, ceux qui se penchent sur l’organisation des soins et au respect des recommandations et enfin ceux qui évaluent les résultats. Parmi ces derniers, l’accent est mis sur ceux qui sont mesurés directement par les patients, mais bien entendu de manière non exclusive. L’ensemble des indicateurs sera mis en œuvre sur les dix parcours « présentant le plus d’enjeux en santé publique , » dont sept ont déjà été choisis (BPCO, obésité morbide, maladie coronarienne stable, insuffisance rénale chronique, maladie de Parkinson, AVC, diabète).

Financement au forfait des pathologies chroniques

Un financement au forfait sera progressivement mis en place pour les pathologies chroniques, dans le but de remplacer la tarification à l’activité (hôpital) ou à l’acte (médecine ambulatoire) et « d’inciter les professionnels et les structures à développer les actions de prévention, d’éducation du patient et de coordination des soins. » Ce sera le cas dès 2019 pour le diabète et l’insuffisance rénale chronique.

Une enveloppe de 300 millions d’euros sera allouée dès 2019 à la qualité dans les établissements hospitaliers (médecine, chirurgie, obstétrique, soins de suite et de réadaptation, hospitalisation à domicile). Elle sera étendue aux soins de ville, aux EHPAD et à la psychiatrie d’ici 2022.

Une mise à jour des nomenclatures des actes sera entamée en 2019. Elle associera les professionnels de santé, les sociétés savantes, la HAS, l’État et l’Assurance maladie.