Sait-on ce qui favorise l’observance chez les sujets diabétiques de type 2 ?

  • Reach G & al.
  • Diabetes Metab

  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Les résultats de cette étude mettent en exergue de multiples déterminants de l’observance des patients diabétiques. Parmi ceux-ci, la confiance vis-à-vis du médecin et la constance des habitudes constituent des facteurs modifiables sur lesquels il semblerait possible d’agir pour favoriser une meilleure observance. En effet, le renforcement de l’éducation du patient et l’amélioration de la relation patient-médecin sont des éléments sur lesquels il est possible d’agir. Cette étude met également en évidence que les déterminants psychologiques liés à l’observance sont présents même chez les individus non socialement défavorisés. Le contrôle glycémique de la population évaluée, qui était plutôt bon, et le niveau d’observance médicamenteuse relativement élevé constituent des limites à cette étude.

Pourquoi est-ce important ?

Les auteurs de cet article rappellent que « plus de 30% des patients ayant un diabète de type 2 (DT2) ont une faible observance thérapeutique, ce qui est associé à un contrôle glycémique sous-optimal et à un taux de morbi-mortalité élevé. » Contribuer à améliorer l’observance c’est permettre aux patients d’avoir une meilleure qualité de vie et de réduire les coûts de santé liés notamment aux hospitalisations.

Cette étude a évalué en quoi l’observance ou non des patients diabétiques pouvait être différente d’un individu à l’autre en fonction de ses caractéristiques psychosociales.

Méthodologie

Les données analysées concernent 1.214 patients et proviennent d’une étude observationnelle longitudinale : le panel Kantar Health France. Les sujets inclus devaient compléter deux questionnaires à des moments différents (entre novembre 2015 et février 2016). 

Les deux questionnaires incluaient des items évaluant la confiance vis-à-vis du médecin, l’observance quotidienne du traitement, les paramètres de santé et de contrôle du diabète (poids, taille pour le calcul de l’IMC, dernière valeur d’HbA1c, habitudes tabagiques), déterminants psychosociaux (patience, horizon de temporalité, l’impact ou non de leurs propres habitudes sur leur santé, l’obéissance, la réactivité psychologique (en lien avec le sentiment de liberté menacée), la constance des habitudes, la prévention versus la promotion (distingue les actions de gains versus les actions de non-pertes), l’optimisme versus le pessimisme et le statut socioéconomique.

Principaux résultats

Au global, 1.214 patients diabétiques de type 2 sous traitement médicamenteux ont répondu et ont été inclus dans les analyses. L’âge moyen de ces patients était de 67,9 ans, 55,8% étaient des hommes, 60,9% étaient mariés, 80,1% avaient un niveau d’éducation moyen et 10,4% étaient fumeurs. Le score EPICES était de 30,1 (un score ≥30 correspond au seuil de privation sociale), l’IMC moyen était de 30,1 kg/m2, et l’HbA1c montrait un contrôle relativement bon de la glycémie (valeur moyenne 7,15%, valeur médiane 6,65%). 46,2% des sujets DT2 observaient strictement leur traitement (ils ont répondu négativement à six questions suggérant des habitudes de non-observance des traitements), tandis que, 48,9% et 4,9% d’entre eux ont répondu positivement à 1-2 questions ou à 3 -6 questions.

Les facteurs de non-observance mis en évidence ont été le jeune âge (p=0,03), le manque de confiance vis-à-vis du médecin (p=0,010), le pessimisme (p=0,021).

Des analyses complémentaires ont montré que l’observance et la privation sociale permettaient de séparer la population globale en trois sous-populations distinctes : les non-observants, les observants avec ou sans privation sociale. 

Par ailleurs, la patience, l’obéissance, les habitudes prudentes, l’optimisme, la confiance vis-à-vis du médecin et la constance dans les habitudes étaient des facteurs associés à une meilleure observance.

Principales limitations

  • Les questionnaires étaient auto-renseignés par les patients.
  • Étude observationnelle transversale.
  • La relative bonne observance des patients et le bon contrôle glycémique limitent la portée de ces résultats à la population observée.

Financement

Étude financée par Sanofi France.