SABCS 2019 — Cancer du sein HER2+ : le trastuzumab emtansine n’est pas supérieur à l’association paclitaxel et trastuzumab


  • Ben Gallarda
  • Univadis
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À retenir

  • Un traitement adjuvant par trastuzumab emtansine (T-DM1) n’a démontré aucun bénéfice de SSM ou de sécurité d’emploi, comparativement à l’association paclitaxel et trastuzumab (TH), chez des patientes atteintes d’un cancer du sein de stade I à récepteur 2 du facteur de croissance épidermique humain (Human Epidermal Growth Factor 2, HER2) positif.

Pourquoi est-ce important ?

  • T-DM1, un conjugué anticorps-médicament, a montré une activité dans le cadre du cancer du sein métastatique HER2 positif et chez les patientes présentant une maladie résiduelle après un traitement néoadjuvant ciblant HER2.

Protocole de l’étude

  • L’étude multicentrique de phase II ATEMPT a été menée.
  • 497 patientes atteintes d’un cancer du sein HER2 positif ont été affectées de manière aléatoire (rapport de 3:1) pour recevoir T-DM1 toutes les 3 semaines pendant 17 cycles ou TH toutes les semaines pendant 12 cycles, puis du trastuzumab toutes les 3 semaines pendant 13 cycles supplémentaires.
  • Les critères d’évaluation principaux étaient la SSM à 3 ans ou les toxicités cliniquement significatives (TCS).
  • Financement : Genentech, Inc.

Principaux résultats

  • Le taux de SSM à 3 ans dans les groupes T-DM1 et TH était de 97,5 % et 93,2 %, respectivement.
  • Des TCS ont été observées chez 46 % des patientes de chaque groupe.
  • Le taux de toxicités non hématologiques de grade supérieur ou égal à 3 dans les groupes T-DM1 et TH était respectivement de 10 % et 11 %, et le taux de neurotoxicités de grade supérieur ou égal à 2 était de 11 % et 23 %, respectivement.
  • 4 patientes du groupe T-DM1 ont présenté une toxicité hématologique de grade 4, contre aucune dans le groupe TH.
  • 17 % des patientes du groupe T-DM1 ont présenté des toxicités nécessitant un arrêt prématuré du traitement, contre 6 % dans le groupe TH.

Limites

  • L’étude ne disposait pas d’une puissance statistique suffisante pour déterminer les différences d’efficacité entre les groupes.
  • Courte durée de suivi médiane.

Commentaire d’expert

  • En réponse à un membre du public inquiet de la toxicité financière de T-DM1, Dr Sara M. Tolaney, titulaire d’un master en santé publique à l’Institut de cancérologie Dana-Farber (Dana-Farber Cancer Institute) à Boston, a déclaré : « Nous nous sommes penchés sur cette question et nous avons demandé à notre pharmacien de réaliser certains calculs afin d’évaluer cette éventuelle toxicité financière, et il est vrai qu’un an de traitement par T-DM1 coûte un peu plus du double d’un traitement par TH. »