Ruxolitinib : un inhibiteur de Jak contre la dermatite atopique

  • Papp K & al.
  • J Am Acad Dermatol

  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir

  • Selon les données de deux études de phase 3, le ruxolitinib topique a une efficacité à 8 semaines supérieure au placebo que ce soit en termes de succès thérapeutique évaluée par l’investigateur, de réduction des démangeaisons (≥4 points NRS) ou de qualité de vie. 

  • La réduction des démangeaisons intervient à partir de 12 heures suivant l'initiation du traitement. 

  • La tolérance semble satisfaisante. Une demande d’enregistrement devrait être prochainement déposée auprès de l’Agence Européenne du Médicament (EMA).

 

Le ruxolitinib est un inhibiteur sélectif de JAK1/AK2 qui est développé dans le traitement de la dermatite atopique. Les données de phase 2 ont précédemment montré qu’une crème à base de ruxolitinib permettait de réduire le prurit et d'améliorer la qualité de vie des personnes souffrant de dermatite atopique. Une publication parue récemment compile les données de deux études de phase 3 TRuE-AD1 et TRuE-AD2.

Méthodologie

Dans ces deux études randomisées multicentriques menées en double aveugle, les patients recrutés devaient être âgés de 12 ans ou plus et présenter une DA depuis au moins 2 ans sur 3 à 20% de leur surface corporelle et avec un score d'évaluation globale par l'investigateur (IGA) de 2/3 à l’inclusion. Ils étaient randomisés (2:2:1) entre un traitement par une crème à 0,75% de ruxolitinib, une crème à 1,5% et une crème placebo, appliquées deux fois par jour pendant 8 semaines. Ensuite, les patients traités par ruxolitinib pouvaient poursuivre le traitement pendant 44 semaines pour une évaluation de la sécurité, et ceux sous placebo être randomisés pour être traités par l’un ou l’autre des deux traitements sur 8 semaines.

Principaux résultats

TruE-AD1 et TruE-AD2 ont recruté respectivement 631 et 618 patients, parmi lesquels 558 et 561 ont terminé le traitement à 8 semaines. Selon l’étude et le bras de recrutement, l’âge moyen était compris entre 30 et 38 ans, et les femmes constituaient 60 à 65% des effectifs, sans différences sociodémographiques entre les différents bras.

En termes d’efficacité, le taux de patients traités ayant présenté une guérison des lésions selon l’IGA (score 0 ou 1) à 8 semaines était supérieur parmi ceux sous ruxolitinib que ceux sous placebo : 50,0% et 39,0% dans le groupe ruxolitinib 0,75%, 53,8% et 51,3% dans le groupe ruxolitinib 1,5% contre 15,1% et 7,6% dans le groupe placebo (p<0,0001 pour les deux études). La réponse progressait avec le temps.

Par ailleurs, le score de sévérité EASI (Eczema Area and Severity Index) était amélioré de façon plus importante sous traitement que sous placebo et ce dès la deuxième semaine de traitement. De la même façon, la qualité de vie et les démangeaisons étaient améliorées de façon supérieure sous traitement actif.

En termes de tolérance, les réactions au site d'application étaient rares (<1%) et non sévères. Elles étaient moins fréquentes que sous placebo.

Financement

L’étude a été sponsorisée par Incyte Corporation.