Rougeole : une circulation virale quasi inexistante, effet positif du COVID-19 ?

  • Fanny Le Brun
  • Actualités Médicales
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À retenir :

  • La circulation du virus de la rougeole est quasi inexistante en France depuis le mois d’avril 2020
  • Outre l’amélioration de la couverture vaccinale du nourrisson, cette situation semble s’expliquer par l’application des gestes barrières dans le cadre de la pandémie de COVID-19
  • Pour éviter de futures épidémies de rougeole, les professionnels de santé doivent vérifier systématiquement le statut vaccinal de toute personne âgée d’au moins 12 mois et née après 1980

Un nombre de cas 10 fois inférieur à l’année dernière

À partir du mois d’avril 2020, le nombre de cas déclarés de rougeole en France a chuté rapidement, avec une circulation virale quasi inexistante depuis. Ainsi, 240 cas ont été déclarés en 2020 dont 230 (96%) entre les semaines 1 et 13. Ce nombre de cas est 10 fois inférieur à celui observé en 2019 qui était de 2.636.

Le virus n’a circulé que dans un tiers du territoire national, essentiellement sous forme de cas sporadiques, excepté dans 6 départements (67, 74, 01, 59, 33, 93) où des foyers épidémiques ont été observés au cours du 1er trimestre 2020, principalement au sein de communautés de gens du voyage. Il existe donc toujours un risque d’extension en raison d’une mauvaise couverture vaccinale et/ou de populations en situation de précarité.

Sur les 240 cas déclarés :

  • 72 (30%) ont conduit à une hospitalisation, dont 3 en service de réanimation (1,3%).
  • 23 souffraient de pneumopathie (dont 19 hospitalisés).
  • Aucun cas d’encéphalite, ni aucun décès.

On peut noter que dans la population ciblée par les recommandations vaccinales, près de 89% des cas de rougeole sont survenus chez des sujets non ou mal vaccinés.

Un impact positif de la pandémie

La baisse du nombre de cas de rougeole peut être liée en partie à l’amélioration de la couverture vaccinale du nourrisson, notamment grâce à la mise en place de l’obligation vaccinale pour tous les enfants nés depuis le 1er janvier 2018. Cependant, la chute brutale de l’incidence a été observée dans la majorité des pays européens et a donc très vraisemblablement été favorisée par les mesures prises pour lutter contre la pandémie de COVID-19 : confinement instauré en France entre mars et mai 2020, gestes barrières, port du masque, distanciation physique, couvre-feu..., ayant un effet sur la transmission des autres pathogènes respiratoires.

Une couverture vaccinale qui doit être élevée

En l’absence de traitement spécifique contre le virus de la rougeole, une couverture vaccinale très élevée est importante pour permettre d’interrompre la circulation du virus et peut-être réussir à éliminer la rougeole. Grâce à la mise en place de la vaccination obligatoire pour les nourrissons, l’objectif d’une couverture vaccinale par le ROR de 95% à l’âge de 2 ans devrait bientôt être atteint, au moins pour la première dose. Cependant, un renforcement du rattrapage vaccinal demeure nécessaire pour augmenter la couverture vaccinale dans les tranches d’âge plus élevées, en particulier chez les adolescents et les jeunes adultes, afin d’éviter de nouvelles vagues épidémiques d’ampleur importante dans les années à venir, comme cela a été observé en métropole ou dans plusieurs autres pays européens au cours de ces dernières années. Il est donc important que les professionnels de santé vérifient systématiquement et mettent à jour le statut vaccinal vis-à-vis de la rougeole de toute personne âgée d’au moins 12 mois et née après 1980.