Rôle propre du VIH dans la déficience cognitive des PVVIH ?


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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Messages principaux

  • Les PVVIH auraient un risque de déficiences neurocognitives multiplié par 1,5 par rapport aux personnes non infectées, toutes choses égales par ailleurs.
  • Ces déficiences sont légères dans leur grande majorité, mais leur origine reste à expliquer.

 

La prévalence des déficiences neurocognitives semble plus élevée chez les PVVIH que dans la population générale, sans que l’on sache pour l’heure si ceci est dû à des facteurs de risque plus nombreux au sein de cette population ou à l’infection VIH elle-même, qui constituerait alors un facteur de risque supplémentaire. Les données de l’étude ANRS EP58 HAND 55-70 apportent leur réponse : cette étude transversale menée chez des PVVIH âgées de 55 à 70 ans, et qui visait justement à évaluer la prévalence des déficiences neurocognitives, a été analysée et comparée aux données d’une cohorte de patients non infectés issus de la cohorte CONSTANCES, constituée par appariement 1:5 sur le profil sociodémographique et le niveau d’éducation. In fine , les données de 200 PVVIH et de 1.000 sujets sains ont été comparées (âge médian 62 ans, 85% d’hommes).

VIH, inflammation, immunodéficience ?

Ainsi, la prévalence des déficiences neurocognitives était supérieure dans la population des PVVIH par rapport aux sujets contrôles, avec respectivement 35,5% et 24,2% des patients. Ces déficiences restaient majoritairement asymptomatiques, les troubles cognitifs légers et la démence concernant 10,5 et 0,5 % de la cohorte des PVVIH contre 4,7 et 0,3 % de la cohorte de sujets contrôles. Pour autant, le VIH était comme associé au risque de déficiences avec un odds ratio de 1,74 [1,26 -2,41]. Ce risque restait significatif une fois les autres facteurs de confusion potentiels ajustés (activité physique, diabète, hypertension, maladies cardiovasculaires, tabagisme, alcool, vie seule) avec un odds ratio de 1,5 [1,04–2,16]. Ces conclusions restaient valides quel que soit le seuil de significativité des tests neurocognitifs utilisés.

L'association entre l’infection VIH et les déficiences neurocognitives observées ici est, selon les auteurs, probablement d’origine plurifactorielle. Ils n’écartent pas la possibilité que l’importance de l’immunodéficience ou de l’inflammation chronique au cours de la vie puisse avoir un impact significatif, comme cela a pu être montré par ailleurs. Cependant, de tels liens de causalité ne peuvent pas être démontrés par une étude d’association, et de nouveaux travaux sont attendus.