Rôle des biomarqueurs dans la prise en charge des infections respiratoires basses aiguës

  • Neuville M & al.
  • Rev Mal Respir
  • 22 févr. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir

Les infections respiratoires basses (IRB) aiguës motivent souvent la prescription d’antibiotiques, en médecine d’urgence ou en médecine générale, alors qu’ils ne sont pas toujours recommandés. De nombreux travaux ont été et continuent à être conduits pour identifier des biomarqueurs pertinents permettant d’améliorer le diagnostic et de mieux conduire l’initiation ou le maintien de l’antibiothérapie. La protéine-C réactive (PCR) et la procalcitonine (PCT) ont été les plus étudiées : la PCT est celle qui est la plus puissante pour distinguer une infection bactérienne d’une infection virale. Toutes deux peuvent améliorer la pertinence d’une initiation ou du maintien d’une antibiothérapie.

Apport diagnostique dans les suspicions d’infection bactérienne

Chez l’adulte, la PCT apparaît être un biomarqueur supérieur à la CRP dans l’établissement du diagnostic de sepsis en cas de suspicion d’IRB aiguë et dans celui d’une IRB d’origine bactérienne ( vs virale). Certaines études ont proposé des algorithmes d’aide à la prescription antibiotique fondés sur la valeur de la PCT. Une méta-analyse a permis d’en confirmer la pertinence, avec des données similaires en termes de mortalité et un échec thérapeutique moindre chez les sujets ayant bénéficié d’une prise en charge guidée par l’algorithme (vs prise en charge conventionnelle). Étant donné la cinétique de la PCT, une valeur précoce faible doit être confirmée par un second dosage à 24 heures d’intervalle. Par ailleurs, les valeurs de la PCT, qui n’est généralement pas détectable chez le sujet sain, peuvent être plus ou moins élevées selon la nature de la bactérie incriminée (légionnelle, mycoplasme...). Le bilan étiologique et les signes de gravité cliniques ne doivent donc pas être omis dans la prise de décision.

Chez l’enfant, la place de ces biomarqueurs est moins bien établie : la CRP ne peut aider au diagnostic d’infection bactérienne d’une pneumonie. Les travaux menés sur la PCT ont, eux, conduit à des résultats discordants, même si les données les plus récentes semblent suggérer une potentielle valeur pronostique de pneumonie aiguë communautaire lorsque le taux de PCT est supérieur à 2 ng/mL.

Apport diagnostique dans les exacerbations de maladies respiratoires chroniques

Plusieurs études ont permis d’établir la capacité de la PCT ou de la CRP à améliorer le diagnostic d’infection (vs exacerbation simple) et donc à diminuer le recours à l’antibiothérapie chez des sujets présentant une exacerbation d’asthme ou de BPCO.

Suivi de l’antibiothérapie par les biomarqueurs

Une méta-analyse a permis d’établir qu’il était possible de réduire l’exposition aux antibiotiques en guidant la décision thérapeutique par des dosages répétés de PCT, que ce soit en soins primaires (par réduction de l’initiation thérapeutique essentiellement), aux urgences ou en services de réanimation, sans risque en matière pronostique. Les auteurs soulignent cependant que ce travail ne permet pas d’apporter une conclusion définitive concernant la mortalité associée.

Apport pronostique

La CRP pourrait avoir une valeur pronostique intéressante dans la détection des complications, son taux à l’inclusion apparaissant associé au délai avant stabilité clinique et sa diminution sur 48 ou 72 heures ayant été décrite comme un facteur prédictif de bon pronostic.

De la même façon, la valeur de PCT à l’initiation a été décrite comme étant associée à la sévérité du sepsis et son évolution au cours du séjour hospitalier à la mortalité toutes causes confondues à 90 jours.