Rôle de la réserve cognitive dans la maladie de Parkinson

  • Lee PC & al.
  • Mov Disord
  • 13 sept. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Le suivi à 5 ans d’une cohorte de sujets souffrant de maladie de Parkinson confirme que le niveau d’éducation, utilisé comme marqueur de la réserve cognitive, est associé à de meilleures fonctions cognitives et motrices à l’inclusion, mais pas à leur cinétique de déclin ultérieur. Cette observation, faite à partir du travail de plusieurs équipes françaises, permet de conforter le rôle du concept de réserve cognitive dans la maladie de Parkinson. Les auteurs suggèrent que ce processus serait fondé sur un modèle passif, dans lequel un volume cérébral plus important serait impliqué, plutôt qu’un modèle actif, impliquant des processus cérébraux plus efficients.

Ce résultat invite à mener de nouvelles études, notamment à plus long terme, afin de confirmer les résultats et comprendre les mécanismes sous-jacents. Mais celui-ci est d’ores et déjà intéressant, étant donné que le concept de réserve cognitive a peu fait l’objet d’études dans la maladie de Parkinson jusqu’à présent.

Analyse issue de la cohorte française DIGPD

L’étude prospective DIGPD ( Drug Interacting with Genes in Parkinson Disease ) a inclus des patients présentant la maladie depuis moins de 5 ans et qui étaient reçus dans 8 des services participants (4 hôpitaux généraux, 4 centres universitaires). Ils étaient suivis annuellement durant 5 ans. À chaque visite, des évaluations de la maladie (selon l’échelle MDS-UPDRS et Hoen et Yahr - HY) et des symptômes moteurs (sous-score MDS-UPDRS, vitesse de marche) et non moteurs (évaluation cognitive par le score MMSE, évaluation des symptômes d’anxiété et de dépression par échelle HADS) étaient notamment menées. Le niveau d’éducation était parallèlement établi à l’inclusion.

Le niveau d’éducation n’influencerait pas la progression de la maladie...

  • Au total, l'analyse a été menée à partir des données de 393 patients (âge moyen 62,3 ans, ancienneté de la maladie 2,6 ans), parmi lesquels 45,5% avaient un niveau élevé (universitaire) et 16,8% un niveau bas (collège) d'éducation.
  • À l'inclusion, le taux de patients qui présentaient un score HY≥3 (atteinte bilatérale modérée, altération de l’équilibre, début de perte d’autonomie) était de 20,1%, et était supérieur parmi ceux qui présentaient un niveau d’éducation bas versus élevé (40,7% vs 11,6%, niveau intermédiaire : 22,3%).
  • À l’inclusion, le niveau d’éducation était associé à de meilleurs résultats concernant le sous-score moteur MDS-UPDRS et la vitesse de marche. Par ailleurs, l’association entre le niveau d’éducation et le score MMSE était confirmée et apparaissait supérieure à celle relative aux aspects moteurs.
  • En revanche, le suivi a 5 ans a montré que le niveau d’éducation n’était pas associé à la vitesse d’évolution des différents symptômes moteurs et non moteurs. Cependant, lorsque les patients étaient catégorisés selon la trajectoire d’évolution de leur symptômes moteurs et non moteurs, ceux qui avaient un niveau d’éducation bas ou intermédiaire tendaient à appartenir plus souvent aux groupes présentant un déclin plus sévère sur le plan moteur et/ou cognitif.