RNS 2016 : Virus Zika, une maladie bégnine et/ou une menace mondiale ?

  • Dr Muriel Macé

  • JIM Actualités des congrès
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Isolé pour la première fois en 1947 à partir d'un singe dans la forêt de Zika en Ouganda, le virus Zika (ZKV) a été identifié chez l'humain au Nigéria en 1954. En milieu forestier, il se transmet de singe à singe par différents types de moustiques vecteurs (Aedes, anophèle, culex…). La déforestation et l'urbanisation exposent l'homme à la piqure du moustique infecté et initient le cycle urbain avec transmission intensive d'homme à homme. L'augmentation des échanges internationaux facilite l'expansion géographique des vecteurs et la diffusion des virus. Aedes aegypti est présent dans toutes les métropoles de la zone intertropicale. Aedes albopictus, originaire d'Asie, a envahi l'ensemble des continents en moins de 30 ans. Anecdotique jusqu'en 2007, le virus émerge alors de manière explosive en Micronésie, Polynésie, au Brésil, aux Caraïbes et au Mexique. Il représente désormais une menace mondiale, à l'instar d'autres arboviroses, vis à vis des populations urbaines, naïves sur le plan immunitaire.

Cliniquement, l'infection à ZKV, se présente d'abord comme une maladie bénigne. L'infection est asymptomatique dans 50 à 80 % des cas. L'incubation dure environ 5 jours, suivie d'un syndrome viral aigu à début non brutal (contrairement à la dengue et au chikungunya) avec une conjonctivite fréquente et un œdème des mains et des chevilles. L'évolution est le plus souvent favorable en 1 semaine avec parfois une asthénie persistante. Mais le virus peut diffuser à tout l'organisme: système nerveux central, placenta, organes génitaux, œil, reins, muscles, liquides biologiques. Dans certains cas, la virémie peut être prolongée (jusqu'à 70 jours) ainsi que l'excrétion (jusqu'à 188 jours dans le sperme, ce qui rend la transmission sexuelle possible). L'épidémie de 2014 en Polynésie a montré l'implication du ZKV dans les cas groupés de Guillain-Barré. L'épidémie de 2015/2016, en Amérique du Sud, et notamment au Brésil, a permis de mettre en évidence un lien de causalité entre infection materno-fœtale à ZKV et microcéphalie du nouveau-né.