Risque suicidaire chez les médecins, ce que disent les dernières données

  • Duarte D & al.
  • JAMA Psychiatry
  • 4 mars 2020

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Selon cette revue de la littérature et méta-analyse ayant pris en compte les données de 9 essais, le taux de mortalité par suicide (TMS) reste élevé chez les femmes depuis 1980, alors que celui des hommes a baissé.
  • La comparaison des données d’avant et d’après 1980 montre toutefois une diminution de la mortalité par suicide dans les deux sexes, mais plus marquée chez les femmes.
  • De nouvelles recherches devront explorer les raisons de la plus grande vulnérabilité des médecins, et en particulier des femmes, face au suicide par rapport à la population générale.

 

À la lumière des premières méta-analyses, la problématique du suicide était déjà apparue particulièrement prégnante chez les médecins. Leurs résultats avaient en effet montré que le taux de suicide était supérieur dans cette population par comparaison à la population générale, même par rapport aux militaires ! Mais ces résultats souffraient d’une forte hétérogénéité et prenaient en compte des données datant de 1910 à 1998. La proportion de femmes médecins s’étant fortement accrue entre 1980 et 2015 et de nombreux facteurs socio-culturels susceptibles de modifier les comportements suicidaires s’étant modifiés durant cette période, il paraissait nécessaire de s’intéresser à la façon dont le risque de suicide avait évolué sur une période plus récente chez les médecins. 

Les femmes médecins plus exposées au risque de suicide que les hommes

Cette revue de la littérature a donc recherché tous les essais ayant évalué le taux de suicide chez les hommes et/ou les femmes médecins. Neuf publications ont ainsi pu être prises en compte dans la méta-analyse, intégrant des cohortes conduites de 1980 à nos jours, de façon à pouvoir comparer les résultats à ceux obtenus sur des périodes antérieures. 

Dans ces cohortes, la méta-analyse a mis en évidence un taux de TMS plus élevé que celui de la population générale chez les femmes médecins par rapport aux femmes de la population générale (1,46 [1,02-1,91], taux pour 100.000 personnes-années), alors que le TMS était moins élevé chez les hommes médecins par rapport aux hommes de la population générale (0,67 [0,55-0,79]). Par ailleurs, la comparaison des données avant et après 1980 a mis en évidence une diminution significative du TMS chez les hommes (-0,84 [-1,26 à -0,42], p