Risque fracturaire chez le sujet âgé obèse : il faut tenir compte de l’adiposité

  • Gandham A et al.
  • Bone
  • 27 juil. 2020

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Chez les sujets âgés vivant en communauté, l’obésité définie par le pourcentage de masse grasse est associée à une augmentation du risque de fracture.
  • En revanche, les sujets identifiés comme obèses selon leur IMC sont au contraire protégés vis-à-vis de ce risque du fait d’une densité minérale osseuse à la hanche et au rachis lombaire plus importante.
  • Les résultats suggèrent que l’évaluation du risque fracturaire chez les sujets âgés obèses doit tenir compte de l’adiposité, ainsi que du risque de chute qui apparaît également ici comme un bon facteur prédictif.

 

Pourquoi est-ce important ?

Même si les sujets obèses ont une densité minérale osseuse (DMO) plus élevée que les sujets non-obèses, les fractures sont fréquentes chez les sujets âgés obèses et certains types de fracture sont plus fréquents comme les fractures survenant suite à un traumatisme de faible énergie. Dans l’objectif de mieux prédire le risque fracturaire et l’effet de l’adiposité, une équipe australienne s’est intéressée à l’impact de l’obésité sur le risque fracturaire chez le sujet âgé, selon qu’elle était définie par l’IMC ou par le pourcentage de masse grasse.

Méthodologie

Cette étude prospective a inclus 1.099 sujets âgés vivant en communauté (âge moyen 63 ans, 51% de femmes). Leur IMC et leur pourcentage de masse grasse mesuré par absorptiomètrie biphotonique à rayons X (DXA) étaient évalués à l’inclusion. La densité minérale osseuse était mesurée par DXA à la hanche et au rachis lombaire jusqu’à 5 ans après l’inclusion et les fractures étaient auto-rapportées sur une durée allant jusqu’à 10 ans.

Résultats

  • La prévalence de l’obésité était de était de 28% en tenant compte de l’IMC (≥30) et de 43% selon le pourcentage de masse grasse (≥30% chez les hommes et ≥40% chez les femmes).
  • Les sujets définis comme obèses par l’IMC avaient une DMO significativement supérieure à la hanche et au rachis lombaire par rapport aux sujets non obèses. Leur risque de fracture non vertébrale, ajusté sur différents facteurs confondants (âge, activité physique, apport calorique, tabagisme, comorbidités à l’inclusion, ….) était presque réduit de moitié par rapport à celui de sujets non-obèses (OR : 0,54 [0,31-0,94]), mais sur le risque fracturaire global, cette différence n’atteignait plus la significativité après ajustement sur la DMO à la hanche.
  • En revanche, après ajustement, les sujets âgés définis comme obèses par le pourcentage de masse grasse avaient un risque de fracture global (Odds Ratio (OR) : 1,71 [1,08-2,71]) et non vertébral (OR : 1,88 [1,16-3,04]) significativement plus élevé que les non-obèses.
  • Une analyse de médiation a montré que la DMO à la hanche était un contributeur fort à l’association entre obésité définie par l’IMC et risque fracturaire global, mais pas à l’association entre  pourcentage de masse grasse et risque fracturaire.
  • Par ailleurs, un risque de chute plus important à l’inclusion (score défini sur la performance dans 5 domaines physiologiques, vision, proprioception, force musculaire, temps de réaction et équilibre) était le seul facteur prédictif d’une augmentation du risque de fracture chez les sujets obèses quelle que soit la façon dont l’obésité était définie.

Limites

  • Faible nombre de fractures.
  • Étude non profilée pour explorer les facteurs prédictifs de fractures.
  • Fractures auto-rapportées par questionnaire.