Risque fracturaire accru avec une hyperthyroïdie infraclinique

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Prés de 10 % des femmes et 3 % des hommes âgés de plus de 60 ans sont porteurs d'une hypothyroïdie infraclinique. L'hyperthyroïdie latente est, quant à elle, moins fréquente, touchant approximativement 1,5 % des femmes et 1 % des hommes de la même tranche d'âge.
Les hormones thyroïdiennes jouent un rôle dans l'homéostasie et le remodelage osseux. L'hyperthyroïdie est associée à un risque fracturaire accru. Quelques études observationnelles retrouvent également une augmentation du risque de fracture en cas d'hypothyroïdie clinique. Toutefois, cette dernière association reste non précisée.

Une revue systématique avec méta-analyse a été menée par C D Wirth et collaborateurs afin de déterminer si une dysfonction thyroïdienne infraclinique et le taux d'hormone stimulant la thyroïde (TSH) étaient associés à un risque fracturaire accru. Dans un premier temps a été effectuée une recherche bibliographique systématique dans MEDLINE et EMBASE, depuis 1946 jusqu'au 16 Mars 2014, sans restriction à la seule langue anglaise. Deux praticiens ont identifié les publications de cohortes prospectives qui analysaient le lien entre fonction thyroïdienne et risque de fractures, à l'exception des fractures vertébrales, d'interprétation plus difficile chez les sujets âgés. Un autre relecteur en extrayait les données pertinentes, suivant un protocole standardisé ; un suivant les vérifiait et enfin, un dernier s'assurait de la qualité méthodologique des articles retenus. L'hétérogénéité des publications a été prise en compte et une stratification des résultats effectuée en fonction de l'âge et du sexe. L'hypothyroïdie latente était définie par un taux de TSH supérieur à 4,5, pouvant aller jusqu'à 20,0 mUI/L avec une thyroxine libre (FT4) dans la normale (normale variable selon les publications). L'hyperthyroïdie infraclinique était désignée par un taux de TSH inférieur à 0,45 mUI/L avec, là encore, une FT4 dans les limites de la normale et l'euthyroidie définie par une TSH comprise entre 0,45 et 4,5 mUI/L. Aucune étude n'incluait le taux de FT3 dans la définition d'une possible dysthyroidie. Après lecture complète de 53 articles présélectionnés, 7 études de cohorte seulement remplissaient les critères d'inclusion. Leur qualité était très hétérogène. Elles rassemblaient 50 245 participants ayant présenté, au total, 1 969 fractures de hanche et 3 281 autres fractures non vertébrales. Le suivi a varié de 3,7 à 13 ans. La plupart ont concerné à la fois hypo et hyperthyroïdies infracliniques.

Une augmentation du risque de fracture de hanche et non vertébrales dans toutes les études

Toutes les études ont confirmé que le risque de fracture de hanche était significativement associé à la présence d'une hyperthyroïdie infraclinique. Cinq d'entre elles, considérées comme de très bonne qualité, ont été retenues pour l'analyse principale. Elles ont permis de calculer le Hazard Ratio (HR) moyen de risque fracturaire en cas d'hyperthyroïdie vs euthyroidie à 1,38 (pour un intervalle de confiance, IC, à 95 % compris entre 0,92 et 2,07). En cas de TSH très abaissée, égale ou inférieure à 0,1 mUI/L, l'HR s'établit à 2,03 (IC : 0,27- 15,00). Aucune différence n'a été constatée après stratification en fonction de l'âge et du sexe. Pour les autres fractures non vertébrales, le HR est calculé à 1,20 (IC : 0,83- 1,72), sans grande hétérogénéité statistique. Après prise en compte des 7 cohortes de population, le HR d'ensemble est respectivement de 1,26 (IC : 0,90- 1,65) et de 1,16 (IC : 0,95- 1,42) selon le type de fractures. Quand étaient exclus les patients traités p...