Risque de cancer du sein : faut-il limiter les apports en lipides après la ménopause ?

  • Lodi M & al.
  • Eur J Breast Health

  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

L’association entre apport en lipides - sans augmentation des apports énergétiques - et obésité reste débattue. Des chercheurs ont exploré l’état actuel des connaissances entre apports en lipides naturels et risque de cancer du sein en tenant compte du statut ménopausique, via une méta-analyse.

À retenir

  • Il n’y aurait pas d’association entre la consommation totale de lipides, la consommation d’acides gras saturés, d’acides gras mono- ou poly-insaturés ou de cholestérol et le risque de cancer du sein, ni pour la population générale, ni plus spécifiquement chez les femmes non ménopausées.
  • En revanche, une faible association a été mise en évidence entre la consommation importante en acide gras saturés et le risque de cancer du sein en post-ménopause.
  • Ces données soulignent que des travaux sont encore nécessaires avant de pouvoir réellement statuer sur l’impact de la consommation de lipides naturels sur le risque de cancer du sein.

Pourquoi est-ce intéressant ?

Il est désormais admis que l’obésité favorise le risque de cancer du sein après la ménopause. Entrent en jeu des modifications métaboliques induites par des hormones relarguées par les tissus adipeux. En revanche, à apport énergétique constant, l’association entre consommation de graisses et obésité reste largement débattue. Si lien il y a, entre consommation de lipides naturels et risque de cancer du sein, les mécanismes physiopathologiques sous-jacents pourraient ne pas être les mêmes que ceux entre obésité et cancer du sein. 

Les données de l’étude présentée ici montrent qu’il est encore nécessaire d’investir dans des travaux de recherche pour mieux comprendre les éventuels facteurs alimentaires modifiables favorisant le risque de cancer du sein. 

Méthodologie

Cette méta-analyse a été réalisée à partir des données issues de cohortes et d’études cas-témoins publiées jusqu’en décembre 2020 et identifiées via une revue systématique de la littérature. Les critères d’éligibilité comprenaient les études ayant évalué l’association entre la consommation de lipides totaux, d’acide gras saturés, d’acide gras mono- et poly-insaturés et de cholestérol, chez des femmes ménopausées ou non et le risque de cancer.

Des analyses en sous-groupes tenant compte du statut ménopausique ont été réalisées.

Principaux résultats

Au global, 28 études cas-témoins et 16 études de cohortes ont été incluses dans cette méta-analyse, soit 1.185.896 femmes. Parmi elles, 54.553 ont développé un cancer du sein.

À partir de l’analyse des données poolées des différentes études retenues, aucune association n’a pu être mise en évidence entre les différentes composantes lipidiques et le risque de cancer du sein chez des femmes issues de la population générale et en pré-ménopause. 

En revanche, la consommation importante d’acides gras saturés a été associée à une augmentation du risque relatif de cancer du sein en post-ménopause. Le risque serait significativement augmenté de 12% dans les études cas-témoins, mais seulement de 1% (non significatif) dans les études de cohorte.

Principales limitations

Forte hétérogénéité des études incluses.