Risque de burnout élevé chez les soignants en gériatrie

  • Zawieja P et al.
  • NPG Neurologie - Psychiatrie - Gériatrie
  • 1 oct. 2019

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Cette étude menée auprès des salariés de 185 EHPAD et cliniques spécialisées dans la prise en charge de la dépendance a estimé la prévalence globale du burnout à 8,43%.
  • Les professions les plus exposées sont celles qui se trouvent au contact immédiat des résidents ou des patients.
  • L’ancienneté, le type de service (SSR, EHPAD, unité protégée) et de contrat de travail (CDD/CDI, temps complet ou partiel) apparaissent également comme des déterminants importants du burnout.

 

La pénibilité tant psychologique que physique du travail auprès des personnes âgées, notamment celles atteintes de maladie d’Alzheimer, est reconnue et peut conduire à des symptomatologies diverses telles que le burnout. Les difficultés rencontrées par les soignants représentent un enjeu important pour les groupes de santé gérant les établissements car elles sont associées à un risque de détérioration de la qualité des soins, et avec elle les risques de contentieux avec les familles ou encore des difficultés organisationnelles liées à un turnover élevé des personnels, etc. Une étude exploratoire a été menée au sein de 185 établissements français d’un groupe de santé privé spécialisé dans la prise en charge de la dépendance, pour estimer la prévalence du burnout et identifier les axes de prévention et d’intervention.

Évaluer le risque de burnout 

Ces établissements se composaient d’EHPAD et de cliniques disposant d’un service de soins de suite et réadaptation (SSR) à orientation gériatrique ou polyvalente et/ou d’une unité cognitivo-comportementale (UCC). Un questionnaire à 22 items a été envoyé aux 8.706 salariés de ces établissements. Il évaluait le risque de burnout par le Maslach Burnout Inventory – Human Services Survey (MBI-HSS) de façon globale et dans ces différentes composantes (épuisement émotionnel, dépersonnalisation et accomplissement professionnel). Sur les 2.602 questionnaires renvoyés, la plupart concernaient des femmes (90%, âge moyen de 38 ans, expérience moyenne dans le métier de 9,59 ans). Il s’agissait  surtout d’aides-soignantes (AS), médicopsychologiques (AMP) ou d’agents des services hospitaliers (ASH, 70,84%), mais aussi d’infirmières (19%) et de médecins (2,32%).

Parmi les principaux facteurs prédictifs, le contact direct avec les patients/résidents

La prévalence du burnout était de 8,43%, avec au sein de ce chiffre global des scores élevés d’épuisement émotionnel pour 16,55% des répondeurs, de dépersonnalisation pour 11,75% d’entre eux et d’un accomplissement professionnel faible dans 33,19% des cas. La profession était l’un des principaux facteurs prédictifs de burnout, celui-ci touchant plus particulièrement les personnes au bas de l’échelle hiérarchique et/ou au contact direct avec les résidents (ASH, AMP, AS et masseur kinésithérapeute). L’ancienneté était également associée au risque de burnout selon une courbe en cloche avec un maximum atteint après 11 à 12 années d’exercice. Le type d’unité impactait également le risque de burnout qui apparaissait moins important en SSR polyvalent et en unité protégée Alzheimer qu’en EHPAD, mais plus important en SRR gériatrique qu’en EHPAD. De façon intéressante, le fait d’être bien informé sur la maladie d’Alzheimer réduisait le risque de burnout. Enfin, les personnes travaillant en CDD ou à temps partiel avaient un risque inférieur de burnout par rapport à celles en CDI et à temps complet.