Risankizumab : du nouveau dans la maladie de Crohn ?

  • Feagan BG & al.
  • Lancet Gastroenterol Hepatol
  • 25 juil. 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Les résultats d’une étude montrent que chez des patients atteints de malade de Crohn modérée à sévère, le prolongement d’une phase d’induction par risankizumab 600 mg en IV toutes les 4 semaines durant 12 semaines (après une première phase de 12 semaines) apporterait à 53% d'entre eux le bénéfice d'atteindre la rémission clinique. Par ailleurs, à l’issue de cette période d’induction, un traitement par risankizumab 180 mg en SC toutes les 8 semaines durant 26 semaines, permettrait à 71% des patients de maintenir cette rémission jusqu’à la 52semaine.

Pourquoi est-ce important ?

Le risankizumab est un anticorps monoclonal humanisé anti-IgG1 ciblant la sous-unité p19 de l’interleukine 23 actuellement en cours de développement pour la maladie de Crohn, le psoriasis, l’arthrite psoriasique et l’asthme. Les résultats de cette étude suggèrent que le risankizumab 600 mg serait plus efficace que la forme à 200 mg, qu’il existe un bénéfice à prolonger la phase d’induction et à continuer le traitement par la forme SC pour maintenir la rémission durablement. 

Méthodologie

Les participants recevaient l’une des deux doses de risankizumab (200 mg ou 600 mg) en IV ou un placebo durant 12 semaines (phase 1 d’induction menée en double aveugle). Les patients qui avaient atteint une rémission profonde après ces 12 premières semaines entraient dans une phase de washout de 12 semaines. Ceux qui n’avaient pas atteint une rémission profonde à la fois clinique (CDAI (Crohn’s Disease Activity Index Crohn’s Disease Endoscopic Index ≤4 ou ≤2 pour les patients ayant une iléite isolée), recevaient, entre des semaines 14 à 26, 600 mg de risankizumab en IV toutes les 4 semaines (2phase d’induction prolongée en ouvert). 

Puis les patients en rémission clinique à la 26semaine étaient invités à participer à une phase de maintien en ouvert, durant laquelle ils recevaient du risankizumab (180 mg) en sous-cutanée toutes les 8 semaines durant 26 semaines.

Principaux résultats

Les patients inclus dans l’étude avaient une maladie de Crohn depuis en moyenne 14 ans (±10). Sur les 108 patients qui ont terminé les 12 premières semaines en double aveugle (risankizumab 200 mg, 600 mg ou placebo), 6 ont été en rémission profonde et sont entrés directement dans la phase de washout de 12 semaines. Sur les 102 autres sujets, un patient s’est retiré et 101 sont entrés dans la phase d’induction prolongée en recevant  du risankizumab 600 mg en IV durant 12 semaines.

À la 26semaine, 53% (n=54) des patients traités par 600 mg de rizankizumab en IV ont atteint la rémission clinique. Au total, 55% versus 33% des sujets initialement sous placebo, 59% versus 21% initialement sous risankizumab 200 mg et 47% versus 26% initialement sous risankizumab 600 mg ont atteint la rémission clinique à la 26semaine par rapport à la 12e.

Puis, 62 patients ont reçu du risankizumab en traitement d’entretien, dont les 54 patients qui avaient atteint la rémission clinique à la 26semaine, les 6 qui avaient atteint la rémission profonde à la 12semaine. La proportion de patient qui restait en rémission durant la phase de maintien, diminuait doucement jusqu’à la semaine 34, puis restait stable jusqu’à la fin de l’étude.

À 52 semaines, 71% des patients étaient en rémission clinique, 81% avaient une réponse clinique, 55% une réponse endoscopique et 35% une rémission endoscopique. Par ailleurs, à ce même moment de l'étude, 24% des patients avaient une cicatrisation de la muqueuse et 29% une rémission profonde. 

Les évènements indésirables les plus fréquents étaient l’arthralgie (22%), les maux de tête (20%), les douleurs abdominales (18%), les rhinopharyngites (16%), les nausées (16%) et la fièvre (13%). La plupart des évènements indésirables étaient légers à modérés et n’ont pas été considérés comme étant en lien avec le traitement. Le risankizumab était bien toléré et aucun nouveau signal de sécurité n’a été notifié durant les périodes 2 et 3 par rapport à la phase en double aveugle.

Principales limitations

  • Faible nombre de patients inclus.
  • Faible nombre de sujets naïfs de tout traitement par anti-TNF.
  • Les deux dernières phases étaient conduites en ouvert et non contrôlées par placebo.

Financement

Étude financée par Boehringer Ingelheim.