Rigidité artérielle et performances cognitives : les leçons d’une large cohorte brésilienne

  • Menezes ST & al.
  • J Am Heart Assoc
  • 17 déc. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Le suivi d’une cohorte de près de 7.000 patients d’âge moyen permet d’observer que la rigidité artérielle et l’âge à l’inclusion sont deux paramètres importants pour déterminer la trajectoire des capacités cognitives après un suivi de 4 ans en moyenne. L’âge à l’inclusion apparaît ici associé à une moins bonne performance aux tests cognitifs utilisés. Et plus la vitesse de l’onde de pouls mesurée au niveau carotido-fémorale, utilisée pour illustrer la rigidité artérielle, était élevée à l’inclusion, plus la performance de fluence verbal diminuait au cours du temps. Enfin, l’importance de la rigidité artérielle apparaissait liée aux valeurs spécifiques de mémoire et de fluence verbale au cours du suivi.

Le lien entre hypertension artérielle et performances cognitives

Si l’hypertension artérielle (HTA) est un facteur de risque décrit de déclin cognitif et de démence, mais cette relation est atténuée une fois la rigidité artérielle, qui favorise l’augmentation de la pression artérielle systolique (PAS), est prise en compte. Cependant, les études consacrées à la relation longitudinale existant entre rigidité artérielle et déclin cognitif sont rares. Les résultats de cette étude conforte l’existence du lien entre les deux paramètres et offre un élément de prévention pour limiter le déclin des performances cognitives avec l’âge.

Une cohorte de près de 7.000 fonctionnaires

L’étude ELSA-BRASIL a été menée à partir d’une cohorte constituée en 2008-2010 à partir du suivi longitudinal de salariés ou retraités de l’éducation nationale ou de la recherche vivant au sein de 6 villes brésiliennes. Ils ont notamment été invités à réaliser des tests neuropsychologiques de performances cognitives évaluant la mémoire, la fluence verbale sémantique et phonémique et les fonctions exécutives (Trail Making Test B) à l’inclusion puis au cours d’une seconde vague d’évaluation 2 à 6 ans après.

Principales limitations

Les participants (55,0% de femmes, âge moyen 58,8 ans, 53,6% ≥14 ans de scolarité) avaient en moyenne une vitesse de l’onde de pouls moyenne de 9,9 m/s.

Après un délai moyen de 3,8 ans, les scores moyens de fluence verbale étaient de 29,8 et 27,7 (sur un score maximal de 68) à l’inclusion puis à l’issue du suivi, respectivement, tandis que les scores moyens du test de mémoire étaient de 36,8 et 37,2 (sur un score maximal de 50). Les fonctions exécutives restaient inchangées entre les deux tests.

Une interaction statistique était observée entre la vitesse de l’onde de pouls et le temps concernant les tests de mémorisation et de fluence verbale, y compris après ajustement sur la PAS. Une interaction statistique était aussi observée entre l’âge à l’inclusion pouls et le temps pour l’ensemble des tests cognitifs, avec une diminution d’autant plus importante que le délai entre les tests était long.

Après 6 ans, les auteurs ont calculé que les sujets dont la vitesse de l’onde de pouls était égale à 14,7 m/s à l’inclusion, se souvenaient en moyenne de 1,1 mot en moins à l’issue du suivi, par rapport à ceux ayant une vitesse de l’onde de pouls de 7,1m/s.