Rhumatologie : les patients ont-ils déjà recours au cannabis ?

  • Guillouard M & al.
  • Rheumatology (Oxford)
  • 7 nov. 2020

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Messages principaux

  • Une méta-analyse suggère qu'un patient sur six souffrant d'une maladie rhumatologique consommerait du cannabis, possiblement à visée antalgique. Cette consommation mériterait d’être abordée en consultation, notamment pour certaines pathologies comme la fibromyalgie.

 

L’intérêt du cannabis sur les douleurs a été décrit dans différentes pathologies neurologiques chroniques, et a été confirmé par une méta-analyse dédiée aux douleurs chroniques non cancéreuses, qui incluait une étude sur la polyarthrite rhumatoïde (PR). Cependant, les données en rhumatologie sont rares. Une méta-analyse dans le domaine en 2016 n’a permis d’identifier que 4 études cliniques randomisées sur le sujet. Dans l’attentei d’une littérature plus étoffée, une équipe française a de son côté conduit une méta-analyse sur la consommation de cannabis et les déterminants associés à cet usage.

Méthodologie

L’analyse de la littérature scientifique a été conduite jusqu’en juin 2020. Au total, 23 publications francophones ou anglophones rassemblant 14.432 patients atteints de pathologies rhumatologiques et s’intéressant à la consommation de cannabis ont été identifiées.

Principaux résultats

L’âge moyen de la cohorte était de 57,3 ans et trois quart étaient des femmes. Sur l’ensemble des données disponibles sur la question, 40,4% des sujets déclaraient avoir consommé au moins une fois du cannabis, avec une incidence de 26% dans les maladies inflammatoires (8.168 patients) et 68,2% dans la fibromyalgie (611 patients). Parmi les patients concernés, 15,3% (5 études) rapportaient une consommation actuelle.

Les consommateurs étaient en moyenne plus jeunes, fumaient plus souvent du tabac et étaient plus souvent sans emploi. Ils avaient aussi un niveau de douleur déclaré supérieur aux autres (5,0 vs 4,1 mm sur l'échelle visuelle analogique EVA, p

Six études se sont penchées sur l’évolution de la douleur (1.079 patients) : 5,6 mm au moment de l’évaluation vs 8,2 mm à l’inclusion), sans effet lié au temps. Les produits consommés étaient principalement du THC et du CBD.

Le profil des consommateurs peut interroger sur la nature - thérapeutique ou récréative - de la consommation, car une seule enquête s’y est intéressée et a distingué une consommation thérapeutique pour 44% des patients fibromyalgiques. Cependant, l’intensité déclarée de la douleur, plus élevée chez les usagers, laisse supposer que la vocation thérapeutique est possible, au moins partiellement. Le sujet des consommations de cannabis, de tabac et d’alcool, mériterait d’être évoqué en consultation.