Rhumatologie : 10 ans d’évolution dans le domaine de l’épidémiologie

  • Verstappen SMM & al.
  • Best Pract Res Clin Rheumatol
  • 1 avr. 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Bien que les stratégies thérapeutiques aient évolué au cours de la dernière décennie, les principales affections rhumatologiques ne bénéficient toujours pas de traitement curatif (polyarthrite rhumatoïde (PR), arthrite juvénile idiopathique (AJI), maladie de Behcet, rhumatisme psoriasique (RPso), lupus systémique érythémateux (LSE), spondyloarthrite axiale (AxPsA), fièvre familiale méditerranéenne (FMF), arthrose). Une tendance globale à l’identification et à la prise en charge précoces de ces affections s’est dessinée afin de limiter les conséquences à long terme pour le patient. L’intervention précoce repose notamment sur une meilleure appréhension des facteurs de risque environnementaux et génétiques liés à ces affections, identifiables grâce aux études épidémiologiques. Ces dernières apportent également des informations sur l’incidence, la prévalence et le pronostic utiles pour la recherche clinique, l’information des patients et des services de soins.

Les évolutions les plus significatives

  • Les méthodes épidémiologiques classiques - par échantillonnage aléatoire – laissent peu à peu la place aux analyses de big data, ce qui n’est pas sans poser de problème en ce qui concerne l’accès aux données personnelles individuelles, mais offre par ailleurs des échantillons très représentatifs sans biais logistique.
  • La classification des critères utilisés change, cela a notamment été le cas pour la PR, la fibromyalgie, la sclérodermie systémique, la goutte, la myosite, la spondyloarthrite, le syndrome de Sjögren. La prévalence tend à augmenter du fait de la plus grande sensibilité des nouveaux critères. La fibromyalgie en est un exemple flagrant, car si elle est décrite aujourd'hui comme aussi fréquente chez l’homme que chez la femme, ce n’était pas le cas il y a encore peu de temps (avec les précédents critères). Ainsi, comparer des prévalences dans le temps pour une même pathologie nécessite d’être attentif aux critères utilisés.
  • En 2016, l’OMS/Europe a publié un plan d’action visant à prévenir et contrôler les maladies non transmissibles dont font partie les maladies musculo-squelettiques. Les facteurs de risque concernés sont notamment ceux liés à d’autres pathologies non transmissibles comme la consommation de tabac, d’alcool et l’activité physique. Cependant, les maladies musculo-squelettiques sont des maladies complexes, multifactorielles, pour lesquelles il pourrait exister des interactions entre facteurs génétiques et environnementaux. Mais les connaissances doivent encore être approfondies sur ce sujet, y compris sur l’impact potentiel du microbiome. Un dépistage large de la population n’étant pas envisageable compte tenu de la faible prévalence et des coûts, l’objectif actuel est d’élaborer des stratégies de dépistage ciblé sur des populations à haut risque (parents au premier degré d’individus atteints de maladie musculosquelettique ou présentant des anticorps positifs ou exposés à certains facteurs de risque environnementaux bien connus).

La recherche épidémiologique dans le domaine des maladies musculosquelettiques n’a pas fini de nous surprendre et de contribuer à faire évoluer les prises en charge.