Rhumatismes inflammatoires chroniques : comment améliorer l’observance aux anti-TNF ?

  • Fayet F & al.
  • Patient Prefer Adherence
  • 1 janv. 2020

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Les résultats d’une étude observationnelle menée au département de rhumatologie du Centre Hospitalier de Clermont-Ferrand montrent que :

  • Seuls un peu plus de 75% des patients souffrant de rhumatisme inflammatoire chronique auraient une bonne observance de leur traitement anti-TNF. Ces données sont tout à fait cohérentes avec celles de la littérature.
  • Il n’y aurait pas de différence selon le type de rhumatisme inflammatoire chronique, ce qui en revanche diffère de certaines données de la littérature qui montrent une moindre observance chez les sujets souffrant de spondyloarthrite rhumatoïde versus les patients souffrant de polyarthrite rhumatoïde ou de rhumatisme psoriasique. 
  • Les informations thérapeutiques délivrées par une infirmière ou les programmes d’éducation thérapeutique (ETP) individuels seraient corrélés à une meilleure observance du traitement anti-TNF que les programmes d’éducation thérapeutique mixant des séances individuelles et collectives.
  • Enfin, les sujets âgés auraient une meilleure observance que les plus jeunes.

Protocole de l’étude

Cette étude observationnelle, monocentrique, rétrospective a été menée en pratique clinique courante. Tous les sujets inclus recevaient un traitement anti-TNF par voie sous-cutanée et suivaient l’un des trois programmes délivrés par une infirmière : le premier programme (modèle M1, n=92) consistait à transmettre des informations thérapeutiques au patient durant une brève consultation d’une demi-heure. Le second (M2, n=80) était un programme individuel d’éducation thérapeutique constitué d’au moins deux consultations d’environ 1 heure abordant le diagnostic, les objectifs de la prise en charge, l’éducation thérapeutique et le suivi. Le troisième programme (M3, n=21) était un programme mixant des séances individuelles et en groupe d’éducation thérapeutique incluant les 4 items décrits pour le M2. Il était organisé autour de 2 consultations individuelles d’une heure environ chacune et de séances de groupe d’une heure environ (avec 6-8 patients). L’observance du traitement a été évaluée selon l’échelle de Morisky (MMAS-4, un score de 0 à 1 correspondait à une faible observance et un score de 4 à une bonne observance).  

Pourquoi cette étude est intéressante ?

La Haute Autorité de Santé (HAS) recommande la mise en place de programmes d’éducation thérapeutique associant des sessions individuelles et de groupe. Mais cela n’est pas toujours aisé en pratique clinique, où parfois seule une brève information par une infirmière peut être délivrée. Les auteurs évoquent que les sessions de groupes pourraient générer des fausses croyances par certains patients. Ils encouragent les services de rhumatologie à proposer des séances d’éducation thérapeutique individuelles.

Résultats complémentaires

Au global, 193 patients ont été inclus dans les analyses (113 patients souffraient de polyarthrite rhumatoïde, 73 de spondyloarthrite et 7 de rhumatisme psoriasique). Parmi ces sujets, 124 étaient des femmes et l’âge moyen était de 53,3 ans. La durée moyenne de la maladie -tout rhumatisme articulaire confondu- était de 10 ans. Parmi l’ensemble des patients, 60% avaient une injection par semaine, 35% une tous les 15 jours et 5% une par mois. En moyenne, les sujets du groupe M1 suivaient 1 session, ceux du groupe M2 deux et ceux du groupe M3 quatre.

Les résultats ont révélé qu’en moyenne 75,7% des patients avaient une bonne observance de leur traitement (76,1% en cas de polyarthrite rhumatoïde, 74% en cas de spondyloarthrite ankylosante et 85,7% pour les autres diagnostics), tandis que pour 17,6% l’observance a été jugée comme moyenne et pour 6,7% faible.