Rhumatismes inflammatoires : arrêter de fumer, oui, mais pour quel bénéfice ?

  • Roelsgaard IK & al.
  • Cochrane Database Syst Rev
  • 2 sept. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

La polyarthrite rhumatoïde, les spondyloarthrites le rhumatisme psoriasique, touchent 1 à 2% de la population des pays développés. Si l’on sait que le tabac est un facteur favorisant le développement de ces rhumatismes inflammatoires, et aggrave les symptômes, peu de données existenten revanche sur l’impact de l’arrêt du tabac.

Telles sont les conclusions d’une revue Cochrane menée jusqu’en octobre 2018 et qui s’est intéressée au sujet. Au total seulement deux études ayant inclus un nombre limité de patients (n=57) ont été identifiées. 

Compte tenu du design de ces études, il n’a pas été possible de réaliser une méta-analyse sur le sujet. Et individuellement, aucune des deux études n’a mis en évidence de bénéfice de l’arrêt du tabac sur la maladie inflammatoire. 

Les auteurs de cet article appellent à la mise en place d’études suffisamment robustes et qualitatives pour investiguer l’impact de l’arrêt du tabac sur les rhumatismes inflammatoires, notamment en suivant les marqueurs biologiques de l’activité de la maladie et la qualité de vie à moyen et long terme. Des données probantes pourraient être un moyen pour mieux convaincre les patients fumeurs à arrêter. 

Descriptif des deux études incluses

La première étude était une étude pilote comparant l’impact de l’arrêt du tabac chez des sujets souffrant de polyarthrite rhumatoïde. Les sujets inclus avaient en moyenne 56,5 ans et avaient reçu un diagnostic de rhumatisme inflammatoire depuis 7,7 ans en moyenne.

La seconde étude ne ciblait pas l’arrêt du tabac spécifiquement mais elle a comparé l’effet sur le risque cardiovasculaire d’une intervention cognitivo-comportementale durant 8 semaines sur un groupe d’âge moyen 62,2 ans (durée de la maladie 11,6 ans) par rapport à un groupe ne recevant que des informations sur le risque cardiovasculaire (âge moyen 60,8 ans, durée de la maladie 14,1 ans). Durant cette étude, les patients étaient notamment incités à arrêter de fumer puisqu’il s’agit d’un facteur de risque cardiovasculaire.