Rhumatisme psoriasique, traitements biologiques et … fatigue


  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir

L’amélioration de la fatigue constitue l’une des attentes prioritaires des patients atteints de rhumatisme psoriasique (RPso). Les traitements de fond antirhumatismaux biologiques (DMARDb) sont aujourd’hui largement utilisés et de nouvelles molécules obtiennent peu à peu une indication dans le RPso. Une méta-analyse récemment publiée dans la Revue du rhumatisme suggère qu'il n'y aurait pas d’amélioration importante de l’état de fatigue grâce à ces traitements malgré l’amélioration de la douleur. Il est donc important de ne pas faire de sur-promesse au patient et d’engager d’autres recherches pour mieux comprendre les causes réelles de la fatigue. En effet, selon les auteurs, ces résultats suggèrent que l’inflammation pourrait ne pas être le seul critère favorisant la fatigue dans ce contexte clinique.

Pourquoi cette étude est intéressante ?

La fatigue concernerait jusqu’à 50% des patients souffrant de rhumatisme psoriasique. Une récente méta-analyse Cochrane a mis en évidence un léger effet des DMARDb sur la fatigue dans la polyarthrite rhumatoïde. Il était donc intéressant de l’évaluer dans cette autre pathologie articulaire inflammatoire. 

Méthodologie

Cette méta-analyse a pour objectif de faire le point des connaissances actuelles sur l’effet des DMARDb et de l’aprémilast, un inhibiteur oral de la phosphodiestérase-4 ou DMARD synthétique ciblé, sur la fatigue chez des sujets souffrant de rhumatisme psoriasique. Cet effet a été comparé à celui du soulagement de la douleur. Les données entre l’inclusion et le point d’évaluation le plus proche de la semaine 24 ont été analysées.

Principaux résultats

À partir des 295 publications sélectionnées, 7 essais cliniques randomisés et contrôlés ont été retenus pour les analyses, soit 2.341 patients atteints de RPso. Ces 7 essais étaient des comparaisons versus placebo de qualité élevée. Les médicaments évalués étaient les suivants : adalimumab (n=2), certolizumab pégol (n=1) sécukinumab (n=2), ustékinumab (n=1) et aprémilast (n=1). Au total, 53,9% des patients prenaient du méthotrexate au moment de la randomisation. L’âge moyen était de 48,6 ans, la durée de la maladie de 7,7 ans, et près de 52% des individus étaient des femmes. À l’inclusion, le score PASI (Psoriasis Area Severity Index) était de 10,6, jugeant d’une atteinte cutanée modérée, mais le nombre moyen d’articulations gonflées (12,2) et le score de handicap fonctionnel (HAQ-DI de 1,2) révélaient une forte activité de la maladie à l’inclusion.

  • La fatigue et la douleur étaient jugées comme importantes à l’inclusion : score FACIT de 28,4 dans 6 études et EVA 6,1 sur 10 dans une étude pour la fatigue et EVA 55,8 sur 100 pour la douleur.
  • L’impact des traitements sur la fatigue s’est révélé être faible à modéré. La différence moyenne standardisée (DMS) compilée pour la fatigue était de -0,44 [-0,54 à -0,35] en faveur du traitement actif. 
  • L’effet des traitements sur la douleur s’est révélé être modéré mais un peu supérieur à celui de la fatigue lorsque ces deux critères étaient évalués dans le même essai clinique. La DMS compilée pour la douleur était de -0,62 [-0,73 à -0,52] en faveur du traitement actif.

Principales limitations

Peu d’études ont pu être incluses dans les analyses, ce qui limite la portée de ces résultats.