Rhumatisme psoriasique : le guselkumab peut prétendre à une AMM

  • Mease PJ & al.
  • Lancet
  • 4 avr. 2020

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Les résultats de l’étude DISCOVER-2 menée chez des sujets souffrant d’une forme active de rhumatisme psoriasique, naïfs de traitement biologique et ayant une réponse insuffisante aux traitements standards par DMARDs, apremilast ou AINS viennent d’être publiés dans The Lancet. Ils montrent l’efficacité de l’administration du guselkumab - un inhibiteur de la sous-unité p19 de l’IL-23. En effet, par rapport au placebo, une proportion significativement plus importante de patients présenteraient une amélioration d’au moins 20% des signes et symptômes de la maladie (critère ACR20 de l’American College of Rheumatology). Ce traitement a par ailleurs révélé une bonne tolérance. Ces résultats viennent compléter ceux de l’étude DISCOVER-1 menée chez des sujets en échec de traitements standards (efficacité insuffisante ou intolérance).

Pourquoi ces résultats sont intéressants ?

Le guselkumab est un anticorps humanisé qui inhibe spécifiquement le récepteur à l’IL-23 sans montrer d’affinité pour le récepteur à l’IL-12, contrairement à d’autres anticorps. Le guselkumab agit spécifiquement sur la sous-unité p19 de l’IL-23. Ces résultats ont permis de demander un élargissement de l’AMM auprès de l’EMA (Agence européenne du médicament) pour le traitement des adultes souffrant de rhumatisme psoriasique actif.

Méthodologie

Cette étude internationale de phase 3, menée en double aveugle, contrôlée versusplacebo a inclus des adultes naïfs de traitement biologique ayant un rhumatisme psoriasique actif (au moins 5 articulations gonflées, au moins 5 articulations douloureuses et une concentration en protéine C-réactive ≥0,6 mg/dL) malgré un traitement standard. Les patients ont été stratifiés selon leur prise de DMARDs et concentration en protéine C-réactive, et randomisés (1:1:1) pour recevoir soit une injection SC de guselkumab toutes les 4 semaines, ou une injection aux semaines 0, 4 puis toutes les 8 semaines ou un placebo. Une première phase contrôlée versusplacebo se déroulait entre l’inclusion et la semaine 24, puis une phase de traitement actif entre la semaine 24 et 100 et un suivi complémentaire de tolérance durant 12 semaines complémentaires.

Principaux résultats

Au global, 741 patients ont été inclus (n=246 dans le groupe G4, n=248 dans le groupe G8 et n=247 dans le groupe placebo). 

À la 24semaine de traitement, une proportion significativement plus importante de patients a atteint le critère principal d’évaluation (ACR20-critère de l’American College of Rhumatology) dans les groupes traitements actifs versus placebo : 64% dans les groupes G4 et G8 contre 33% dans le groupe placebo. La réponse ACR20 à 24 semaines était semblable entre la population globale et le sous-groupe de patients sous méthotrexate à l’inclusion. Par rapport au placebo, une proportion significativement supérieure de patients sous guselkumab toutes les 4 ou 8 semaines a eu une résolution de l’inflammation des tissus mous (enthésites et dactylites).

Sur l’ensemble de la population, 46% des sujets traités par guselkumab toutes les 4 ou 8 semaines et 41% de ceux sous placebo ont eu au moins un effet indésirable. Les principaux effets indésirables étaient des infections des voies respiratoires supérieures, et une augmentation des concentrations en ALAT et ASAT. Des événements indésirables graves ont été notifiés chez 3% des sujets du groupe G4 et placebo et 1% du groupe G8. Aucun décès n’est survenu.