REWIND : un agoniste GLP-1 montre pour la première fois un bénéfice cardiovasculaire !

  • Gerstein HC & al.
  • Lancet
  • 7 juin 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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En quoi ces résultats pourraient changer votre pratique ?

Pour la première fois,un agoniste GLP-1 se montre supérieur au placebo sur le risque d’événement cardiovasculaire (CV) en prévention primaire chez des sujets diabétiques de type 2 (DT2) à haut risque et en prévention secondaire. Les précédentes études n’avaient démontré qu’une non-infériorité, traduisant ainsi la « sécurité cardiovasculaire » de ces traitements. Par ailleurs, contrairement à d’autres études sur le même sujet, de nombreux individus inclus dans l’étude REWIND n’avaient pas d’antécédents de maladie ou d’évènement CV. Enfin, la durée médiane de suivi était beaucoup plus longue (5,4 ans) que celle des autres essais (entre 1,5 et 3,8 ans) ayant évalué les composantes cardiovasculaires des anti-hyperglycémiants. L’étude REWIND suggère que le dulaglutide réduirait le risque d’événements CV chez les DT2 quelle que soit leur HbA1, sans augmentation de poids ou de risque d’hypoglycémies. Il y a fort à parier que ces résultats impacteront les prochaines recommandations de la Société Francophone du Diabète (SFD).

Quelques clés de compréhension

Plusieurs hypothèses des effets du dulaglutide sur les évènements CV sont évoquées par les auteurs : diminution de l’HbA1c, des taux de LDL-c, de la pression artérielle et du poids ; amélioration de la fonction endothéliale, plaquettaire et effet neuroprotecteur direct ; atténuation de la progression de l’athérosclérose et de l’inflammation vasculaire. Tout cela montre bien que les mécanismes en jeu ne sont pas encore clairement élucidés, comme le montrent les nombreux débats entre experts.

Méthodologie

Cette étude multicentrique, internationale, randomisée, contrôlée versus placebo a été menée en double aveugle en incluant des hommes et des femmes âgés de 50 ans ou plus, souffrant de DT2 établi ou nouvellement diagnostiqué, ayant une HbA1c de 9,5% ou moins (sans limite basse) et sous traitement stable par anti-hyperglycémiants (≤2) associés ou non à l’insuline, ayant des antécédents d’événements CV ou des facteurs de risque CV. 

Principaux résultats

Au total, 9.901 sujets ont été randomisés (âge moyen 66,2 ans, HbA1c médiane à l’inclusion 7,2%, durée médiane du DT2 9,5 ans, 46,3% de femmes) entre un groupe dulaglutide (n=4.949) et un groupe placebo (n=4.952). À l’inclusion, seuls 31,5% des individus avaient des antécédents de maladie cardiovasculaire et 22,2% un débit de filtration glomérulaire estimé (DFGé) 2.

  • Au cours du suivi moyen de 5,4 ans, le critère composite principal d’évaluation (IDM non fatal, AVC non fatal, décès d’origine cardiovasculaire) est survenu chez 12,0% des patients sous dulaglutide et 13,4% sous placebo (soit un hazard ratio de 0,88 [0,79-0,99]).
  • Cette tendance, bien que constatée sur les 3 composants du critère composite principal d’évaluation, n’a été significative que sur l’AVC non fatal : diminution du risque de mortalité de 9% (p=0,89), d'IDM non fatal de 4% (p =0,65) et d’AVC non fatal de 24% (p=0,017).
  • Le risque de survenue du critère composite principal d’évaluation était similaire chez les sujets ayant ou non des antécédents de maladie CV, quels que soient la valeur d’HbA1c, l’âge, le sexe, la durée du diabète et l’IMC.
  • Du côté de la tolérance, les sujets sous dulaglutide ont présenté significativement plus d’effets indésirables gastro-intestinaux que les autres (47,4% vs 34,1%, p

Principales limitations

Plus de 25% des participants ne prenaient plus de traitement lors de leur dernière visite.

Financements

Étude financée par Eli Lilly.