REWIND : des précisions sur le bénéfice du dulaglutide sur l’accident vasculaire cérébral

  • Gerstein HC & al.
  • Lancet
  • 13 juil. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Des analyses exploratoires de l’étude REWIND suggèrent que le dulaglutide réduirait à long terme le risque d’accident vasculaire cérébral (AVC) ischémique et d’accident ischémiques transitoires (AIT) chez les sujets diabétiques de type 2 (DT2). En revanche, il ne permettrait pas de diminuer la sévérité de ces événements lorsqu’ils surviennent. 

Pourquoi cette étude est intéressante ?

Le risque d’AVC est augmenté de 50% chez les sujets DT2 par rapport à la population générale. Les résultats de nombreuses grandes études de bénéfice cardiovasculaire des antidiabétiques ont été publiés ces derniers mois. REWIND est l’une de ces études. Elle a exploré les effets d’un agoniste des récepteurs du GLP-1, le dulaglutide, sur la fonction cardiaque. Les résultats ont contribué au positionnement de cette classe au sein de l’arsenal thérapeutique dans les nouvelles recommandations internationales ADA/EASD de décembre 2019, ainsi que « La prise de position » de la Société francophone du diabète (SFD) de décembre 2019. La population même de l’étude REWIND est intéressante, puisque 69% des individus inclus n’avaient pas d’antécédent cardiovasculaire. Les premiers résultats de cet essai avaient mis en évidence l’effet bénéfique du dulaglutide sur le risque d’AVC non fatal chez les sujets diabétiques de type 2. Les résultats présentés ici apportent des précisions sur les AVC ischémiques.

Protocole de l’étude

REWIND est une étude multicentrique, randomisée, menée en double aveugle, versus placebo. Au total 24 pays et 371 sites investigateurs y ont participé. Les sujets inclus étaient des diabétiques de type 2 avec un diabète nouvellement diagnostiqué ou plus ancien, une HbA1c stable (≤9,5%) sous traitement par un ou deux antidiabétiques associés ou non à une insuline basale. Les patients ont été randomisés pour recevoir soit du dulaglutide 1,5 mg en SC, soit un placebo. Les résultats présentés ici font suite à des analyses exploratoires.

Principaux résultats

Au total, 9.901 sujets diabétiques de type 2 et ayant un facteur de risque cardio-vasculaire supplémentaire ont été randomisés (4.949 sous dulaglutide et 4.952 sous placebo).

Durant le suivi moyen de 5,4 ans, 3,2% des sujets sous dulaglutide et 4,1% sous placebo ont eu un AVC. Ainsi, le risque d’AVC était diminué de 24% sous dulaglutide (hazard ratio 0,76 [0,62-0,94], p=0,010). Les analyses complémentaires ont montré une diminution du risque d’AVC ischémique sous dulaglutide (-25%, p=0,012), mais pas du risque d’AVC hémorragique. Le dulaglutide réduirait le risque d’AVC qu’il soit grave (c’est-à-dire engendrant une invalidité, -26%, p=0,042) ou moins grave. En revanche, la distribution des AVC selon leur sévérité n’était pas modifiée sous dulaglutide versus placebo. Les effets du dulaglutide sur le risque d’AVC étaient similaires entre les sujets qui avaient déjà ou non eu un AVC ou un AIT (pinteraction=0,83). Le dulaglutide diminuerait également la valeur d’un critère composite incluant l’AVC non fatal et le décès toutes causes confondues (-12%, p=0,017). 

Ainsi, ces résultats montrent que le dulaglutide réduirait le risque d’AVC sévères ou moins sévères lorsqu’il est administré en association avec les traitements recommandés de prévention des AVC (anti-hypertenseurs, statines, antiplaquettaires, médicaments du système rénine-angiotensine), mais qu’il ne permettrait pas de diminuer la sévérité des évènements lorsqu’ils surviennent.

Financement

Cette étude a été financée par les laboratoires Eli Lilly.